Politique

[Chronique] Teodorín Obiang : douze montres (de luxe) pour deux poignets

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Du liquide et des montres de luxe, pour une valeur totale d’environ 16 millions de dollars, ont été saisis à l'aéroport brésilien de Viracopos, dans les bagages d'une délégation accompagnant le vice-président de Guinée équatoriale.

La vie de Teodoro Nguema Obiang Mangue a des airs de feuilleton, ou plutôt de telenovela kitsch. Les goûts de luxe du vice-président (et fils du président) équato-guinéen ne devraient plus surprendre, tant ses fêtes d’anniversaire dégoulinent d’invités bling-bling et de dépenses fastueuses. Pour finir de convaincre de son train de vie, un procès dit des « biens mal acquis » s’était achevé, le 27 octobre dernier, sur sa condamnation à trois ans de prison et 30 millions d’amende avec sursis. La justice française le jugeait pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « corruption »…

Mais le scénariste de sa propre réputation réserve toujours des surprises à l’Équato-Guinéen lambda. En fin de semaine dernière, les douaniers de l’aéroport brésilien de Viracopos, près de Sao Paulo, cernent la délégation de onze personnes qui accompagnent Teodorín Obiang dans un boeing 777 privé. Dans deux valises de marque Louis Vuitton, ils saisissent de l’argent liquide et des montres de luxe, pour une valeur totale d’environ 16 millions de dollars.

D’une valeur estimée à 15 millions de dollars, les montres auraient été transportées pour un « usage personnel »

Pour briller dans la jet set brésilienne ?

Si le fils de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo bénéficiait d’une immunité diplomatique, ses compagnons de voyage n’étaient pas protégés par un ordre de mission officiel et ont dû répondre à un interrogatoire, pendant que leur chef de délégation rejoignait son hôtel par hélicoptère.

Vint alors le temps des explications. Selon l’ambassade de Guinée équatoriale, les espèces (1,5 million de dollars) auraient été mobilisées pour un traitement médical destiné au vice-président. Quant aux montres – d’une valeur estimée à 15 millions de dollars -, elles auraient été transportées pour un « usage personnel », comme l’attestent ses initiales gravées dessus. Une douzaine de montres, c’est peut-être ce dont le vice-président équato-guinéen a besoin pour briller convenablement dans la jet set brésilienne.

La loi du pays n’autorisant l’entrée sur le territoire qu’avec une quantité de cash inférieure à environ 2 400 dollars, l’argent excédentaire a été confisqué. Triste sort pour des voyageurs qui ont un standing haut de gamme à respecter. Un proche du vice-président équato-guinéen aurait affirmé que la somme tolérée ne permettait pas de payer « une minute » de son hôtel…

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte