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Cet article est issu du dossier «Élections locales en Côte d’Ivoire : test grandeur nature»

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Elections

Élections locales en Côte d’Ivoire : l’heure de la clarification entre le PDCI et le RHDP

Dans un bureau de vote d'Abidjan, le 30 octobre 2016. © Diomande Bleblonde/AP/SIPA

La Commission électorale indépendante ivoirienne (CEI) a publié mardi 11 septembre les listes officielles des candidats aux élections municipales et régionales, prévues le 13 octobre. Décryptage des forces en présence.

Depuis le retrait du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) du processus de création du parti unifié, RHDP, la publication de ces listes était attendue afin de clarifier la position d’un certain nombre d’élus de la formation d’Henri Konan Bédié, notamment les membres du gouvernement. Le flou subsiste finalement pour certains d’entre eux.

Ainsi, le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, et le ministre des Eaux et Forêts, Alain-Richard Donwahi, mèneront chacun une liste à la fois parrainée par le PDCI et le RHDP dans les régions de La Me et de la Nawa. Ces derniers n’auront donc pas eu à choisir entre les deux partis. En revanche, Eugène Aka Aouélé, ministre de la Santé, figure sur une liste RHDP alors qu’il avait lui aussi sollicité cette sorte de « double parrainage ». « Les trois s’étaient concertés en amont afin de faire front commun », explique une source au sein du gouvernement. Aka Ouélé aura face à lui un cadre du PDCI se présentant néanmoins en indépendant.

Confusion persistante

Pour la première fois depuis 2000, le PDCI et le RHDP présentent des candidats sur presque l’étendue du territoire

Plusieurs autres personnalités du PDCI figurent sur des listes RHDP aux municipales comme aux régionales :  les ministres Jean-Claude Kouassi (région du Gbeke) François Amichia (mairie de Treichville), Siandou Fofana (mairie de Port Bouët) et Kobenan Kouassi Adjoumani (région du Gontougou) tenteront de se faire élire face à des candidats PDCI.

Au total, le RHDP présentera 176 candidats contre 104 pour le PDCI et 12 pour le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan (qui briguera la région du Moronou). « Pour la première fois depuis 2000, le PDCI et le RHDP présentent des candidats sur presque l’étendue du territoire. En revanche, on remarque que dans certaines régions, notamment dans tout le sud ivoirien, la collaboration entre PDCI et RDR a été tellement forte sur le plan local qu’il est aujourd’hui très difficile que la rupture se fasse en si peu de temps. D’où la confusion qui persiste par endroits », estime le politologue Sylvain N’Guessan. Une confusion entretenue par une bataille des logos qui se joue dans certaines villes entre RHDP et PDCI, sur l’utilisation de la figure de l’éléphant…


>>> À LIRE – Élections locales en Côte d’Ivoire : la confusion règne au PDCI


Les indépendants sont largement représentés. Une bonne partie, c’est une habitude, sont membres d’un parti politique

Comme ce fut le cas lors des dernières élections législatives, les indépendants sont largement représentés. Ils seront 389 sur les 684 candidatures validées par la Commission électorale indépendante (CEI). Une bonne partie, c’est une habitude, sont membres d’un parti politique.

Ainsi, Pascal Abinan, que le PDCI n’a pas choisi pour être son candidat dans la région de l’Indenié, a décidé de se présenter en indépendant. C’est également le cas de Koné Colette à Cocody où cette membre du conseil économique et social affrontera le candidat de son parti le PDCI, Jean-Marc Yacé, et de Mamadou Koulibaly (Lider) à Azaguié.

Enfin, si Chantal Fanny et Fatoumata Traoré Diop mèneront des listes RHDP à Kaniasso et Brobo, plusieurs autres proches de Guillaume Soro se présentent eux aussi sans étiquette. Sindou Meïté, Alain Lobognon, Celestine Tazere, Mohamed Soukou Sess (dit Ben Souk) ou encore Issiaka Fofana (ancien DG de la Lonaci) tenteront respectivement de conquérir ou de se maintenir dans les mairies d’Abengourou, Fresco, Issia, Dabou et dans la région du Worodougou.

Le FPI accuse Ouattara de « volte-face »

Les élections locales sont prévues pour le 13 octobre. Aboudramane Sangaré, qui dirige l’aile du FPI fidèle à Laurent Gbagbo, a qualifié mardi le refus d’Alassane Ouattara de réformer la CEI avant ce scrutin de « volte-face ».

« Le chef de l’État, comme à son habitude, montre son mépris pour les Ivoiriens. Le 6 août, Alassane Ouattara a annoncé avoir pris une ordonnance portant amnistie des prisonniers politiques. Dans le même élan, Ouattara avait instruit le gouvernement de réformer la CEI afin que ces élections soient inclusives (…) Après un mois, Ouattara fait un revirement spectaculaire et déclare, à la surprise générale, qu’il n’y aura pas de réforme de la CEI. Pourquoi le chef de l’État fait-il preuve d’une inconstance dilatoire et puérile ? », a-t-il déclaré.

Le PDCI lui emboîtera-t-il le pas et pour appeler au boycott ? La question agîte le parti d’Henri Konan Bédié depuis plusieurs jours.

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