Sécurité

[Chronique] Mali : la rentrée scolaire, premier défi post-électoral

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Voici venu septembre et les rentrées scolaires d’Afrique francophone. Le retour en classe des élèves maliens suscite l’inquiétude, entraînée par les soucis sécuritaires, climatiques ou encore la question des fonctionnaires fictifs...

En rangs légèrement dispersés, les enseignants d’Afrique francophone reprennent le chemin de l’école, conformément aux calendriers publiés, pendant l’été, par les ministres de l’Éducation. Pionniers, les écoliers camerounais devaient retrouver les classes dès le 3 septembre dernier. Quant aux élèves ivoiriens, c’est le lundi suivant, le 10 septembre, qu’ils doivent faire le deuil de leurs vacances échues. Dans certains pays, des perturbations sociales avaient transformé les choix de dates en casse-tête. C’est à la suite de grèves perlées au sein du système éducatif et après un réaménagement du calendrier de l’année scolaire 2017-2018 que la rentrée béninoise 2018-2019 a été fixée au 17 septembre.


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Écoles toujours fermées

Dans un Mali où Soumaïla Cissé n’a pas encore reconnu la victoire annoncée du président sortant à l’élection du 12 août dernier, l’organisation de la reprise des cours relève de la quadrature du cercle. Déjà hors contexte post-électoral, la rentrée 2017-2018 des écoles publiques avait été reportée au 9 octobre, quelques jours à peine avant la date prévue du 2 octobre. Or, aux soucis sécuritaires toujours présents s’ajoutent des inondations qui provoquent des effondrements de logements momentanément remplacés par des salles de classe mobilisées.

Plus de 380 000 enfants devraient rester déscolarisés à la date de reprise des cours

Au centre et au nord du pays, singulièrement dans les régions de Mopti et de Kidal, le nombre d’écoles fermées pour cause de conflit inachevé augmente d’année en année. Selon un rapport de l’organisation des Nations unies pour l’enfance (Unicef), 400 établissements n’avaient pas pu ouvrir à la rentrée scolaire de 2017, soit 120 de plus qu’en 2016. Actuellement, l’agence des Nations unies estime que plus de 380 000 enfants devraient rester déscolarisés à la date de reprise des cours.

Certaines écoles du Mali touchaient même des bourses pour des… élèves fictifs

Fonctionnaires fictifs

À ces soucis climatiques et sécuritaires, les associations de parents d’élèves tiennent à ajouter des accusations contre les autorités académiques. À moins d’un mois de la rentrée, tous les élèves ayant obtenu le diplôme d’études fondamentales (DEF) n’auraient pas été orientés. De même, chacun se demande si la question des enseignants fictifs a été prise à bras-le-corps. En avril dernier, les autorités maliennes ouvraient encore des enquêtes pour situer les responsabilités, après la découverte de 10 000 postes fictifs sur les 16 000 que comptent les écoles communautaires. Des profs « virtuels » qui coûtaient à l’État plusieurs milliards de francs CFA par an, ces établissements bénéficiant de subventions publiques.

Sur les 5 000 écoles communautaires déclarées du pays, seules 1 700 ont été formellement identifiées à l’issue du dernier contrôle. Certaines écoles touchaient même des bourses pour des… élèves fictifs.

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