Politique

Maroc : Nasser Zefzafi, leader du mouvement de protestation « Hirak », suspend sa grève de la faim

Le leader de la contestation dans le Rif, Nasser Zefzafi, dans un sit-in de protestation, le 18 mai 2017 à El Hoceima. © Aboussi Mohamed/AP/SIPA

Nasser Zefzafi, leader emprisonné du mouvement de contestation sociale du « Hirak » qui avait agité une partie du nord du Maroc en 2016 et 2017, a mis fin jeudi 6 septembre à sa grève de la faim, a-t-on appris auprès de son avocat.

Incarcéré à Casablanca après sa condamnation à 20 ans de prison, Nasser Zefzafi a cessé la grève de la faim qu’il avait entamée une semaine plus tôt pour dénoncer ses conditions de détention, a expliqué Me Mohamed Aghnaj. L’avocat n’a pas précisé si les revendications de son client avaient été satisfaites.

Il avait cessé de s’alimenter pour demander « les droits dont bénéficient les autres prisonniers », c’est-à-dire sortir de l’isolement et être placé « dans une cellule digne où il puisse voir et parler » avec d’autres détenus, selon son père Ahmed Zefzafi qui s’était exprimé dans une vidéo publiée sur Facebook le jeudi 30 août.

Arrêté en mai 2017 en pleine contestation sociale dans la région du Rif, dans le nord du pays, Nasser Zefzafi avait été condamné fin juin à 20 ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’État », au terme de neuf mois d’un procès fleuve réunissant un total de 53 accusés.

188 militants graciés par le roi Mohammed VI

Fin août 2018, à l’occasion de l’Aïd al-Adha, le roi Mohammed VI a gracié 188 militants du Hirak, dont 11 des accusés de Casablanca qui avaient également été condamnés en juin avec Nasser Zefzafi. Ce dernier n’a néanmoins pas bénéficié de cette grâce royale. L’audience en appel des condamnations prononcées en juin est prévue pour octobre prochain.

Ancien chômeur devenu le visage de la protestation avec ses talents d’orateur, Nasser Zefzafi avait été arrêté après avoir interrompu le prêche d’un imam ouvertement hostile au mouvement dans une mosquée d’Al-Hoceïma, l’épicentre du « Hirak » (« mouvance »).

Les manifestations dans la région du Rif avaient été déclenchées par la mort d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en octobre 2016 alors qu’il s’opposait à la saisie de sa marchandise. Au fil des mois, le mouvement avait pris une tournure plus sociale et politique, appelant à davantage de développement et à la fin de la « marginalisation » de la région.

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