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Devises : « La baisse de l’euro profite aux produits agricoles africains »

| Par Jeune Afrique
Ahmed Sylla, BNP Paribas Senegal. DR

Ahmed Sylla, BNP Paribas Senegal. DR ©

Le responsable adjoint de la trésorerie, zone UEMOA chez BNP Paribas Sénégal, Ahmed Sylla analyse pour « Jeune Afrique » l’impact de la dépréciation de l’euro pour les économies africaines de la zone franc.

En plus d’avoir abaissé son taux directeur, de 0,15 % à 0,05 %, la Banque centrale européenne (BCE) a procédé à la réduction du taux de dépôt dans ses livres (de – 0,10 % à – 0,20 %). Les banques devront donc payer un peu plus cher pour laisser de l’argent à court terme dans ses coffres. Ces deux mesures devraient les inciter à davantage prêter à l’économie, notamment aux PME et aux ménages en difficulté. Et ainsi contribuer à la relance de la zone euro.

Cours de leuro par rapport au dollar la tribunedotfrLe prochain « indice de confiance du consommateur » nous éclairera sur l’impact de ces décisions sur les ménages. Mais, preuve qu’elles ont déjà été bien accueillies, elles ont favorisé la glissade de la valeur de l’euro par rapport au dollar. Alors que les prévisions pour la fin de l’année se situent à 1 euro pour 1,30 dollar, le 24 septembre, une unité de la monnaie commune s’échangeait contre 1,28 dollar, soit son plus bas niveau depuis quatorze mois. Une bonne nouvelle pour les exportations des pays européens.

Atout

Pour les économies africaines de la zone franc, qui reposent majoritairement sur l’agriculture, cette dépréciation de l’euro est un atout. L’arrimage du franc CFA à un euro faible en dessous de 1,30 dollar bénéficie à leurs exportations de produits agricoles. Chaque fois que l’euro se déprécie, le franc CFA fait de même, et la compétitivité des produits africains sur les marchés internationaux augmente. À l’inverse, avec un euro faible et la hausse du prix du baril, l’importation du pétrole brut aura un coût plus élevé.

Cependant, dans les deux cas, l’impact est limité, car les échanges des pays de la zone franc se font surtout en euro, donc sans risque de change. Toutefois, l’appréciation du dollar pourrait entraîner une diminution des échanges entre la Chine et la zone CFA, qui s’effectuent essentiellement dans cette devise.

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