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Afrique du Sud : où en est le groupe Steinhoff, au cœur d’un scandale comptable ?

Le groupe Steinhoff est à la tête d'une quarantaine de chaînes, dont les magasins Conforama. © Wikimedia Commons

La commission d'enquête du Parlement sud-africain a débuté ses auditions sur l'affaire Steinhoff par le témoignage des dirigeants du groupe. Selon eux, le groupe a réussi à éviter la faillite grâce à un accord avec ses créanciers, qui ouvre la voie à une restructuration de sa dette. L'ex-DG Markus Jooste doit être entendu prochainement.

L’année 2017 s’était mal terminée pour le groupe sud-africain. Le directeur général Markus Jooste, qui fait l’objet d’une enquête de la police sud-africaine pour fraude, a démissionné le 5 décembre lorsque Steinhoff a découvert des irrégularités comptables qui ont entraîné l’effondrement du cours des actions du groupe. Trois types de malversations comptables ont été constatées, rapporte Bloomberg : des transactions hors bilan, des actifs qui ont été « surpayés » et des bénéfices exagérés.

Les dirigeants de Steinhoff ont été invités le 29 août à présenter une mise à jour sur les progrès réalisés depuis janvier 2018, devant un comité du Parlement sud-africain qui enquête sur ce scandale comptable. L’ex-DG doit être auditionné la semaine prochaine devant cette commission, s’exprimant pour la première fois publiquement sur l’affaire. Markus Jooste a joué un rôle majeur dans la transformation du modeste fabricant de meubles basé à Johannesburg en une véritable multinationale, à la tête de 40 chaînes à travers le monde, dont Mattress Firm, Poundland et Conforama.

« La démission du directeur général le 5 décembre 2017 et le report des états financiers ont déclenché une importante baisse du prix de l’action et une crise de liquidité (à la fois au niveau du groupe et pour les différentes filiales) », ont noté les dirigeants de Steinhoff devant le Parlement.

La faillite du groupe a été évitée

Malgré tout, « les menaces d’une faillite imminente ont été efficacement évitées », souligne le groupe. En effet, « un accord de blocage avec les créanciers, y compris un moratoire, a été finalisé à la mi-juillet 2018, et cela donne au groupe du temps pour mettre en place une restructuration de la dette soutenue par un pourcentage très élevé de créanciers ». « La restructuration de la dette va permettre la stabilité financière jusqu’à la fin de 2021 », affirme l’entreprise. Publié en juin 2018, le rapport concernant les résultats financiers entre octobre 2017 et mars 2018 notait que le groupe connaissait des difficultés en termes de liquidité et que son endettement hors Afrique du Sud s’élevait à 9,4 milliards d’euros.

« (Les banques) nous ont donné trois ans jusqu’en 2021 pour décider, de manière réfléchie, quels actifs nous vendons et comment nous allons réduire la dette », a déclaré Heather Sonn, la directrice générale du groupe, selon Reuters. « L’élément clé à considérer est que les actifs restants doivent pouvoir générer un flux de trésorerie et assurer le service de la dette restante. »

Le cabinet d’audit PwC, qui a été chargé en décembre 2017 de réaliser une « enquête indépendante », va terminer « en grande partie » ses investigations d’ici la fin de l’année, et les responsables seront tenus de rendre ses comptes. « Le groupe a pour objectif de rendre public ses comptes certifiés pour l’année financière 2017 avant la fin de décembre 2018, et pour l’année en cours en janvier 2019 », explique Steinhoff.

Les marchés ont en tout cas réagi favorablement à l’audition des dirigeants de Steinhoff par le Parlement sud-africain, et à l’annonce de la remise de l’enquête de PwC d’ici la fin de l’année 2018. Les actions Steinhoff ont gagné 30% à Francfort à 15h45, heure locale, bien que restant inférieures de 95% à leur niveau avant la crise, indique Bloomberg.

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