Politique

Tunisie : heurts à Ben Guerdane contre la fermeture du poste-frontière avec la Libye

Des heurts entre commerçants et forces de l’ordre se sont produits pour la deuxième nuit consécutive à Ben Guerdane, dans le sud de la Tunisie, près du poste-frontière avec la Libye fermé depuis plus d’un mois, a-t-on appris le 29 août de source officielle.

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Mis à jour le 29 août 2018 à 15:17

A Ben Guerdane, en Tunisie, le 7 mars 2016. © AP / SIPA

Au cours des nuits de lundi et mardi 28 août, des dizaines d’habitants ont incendié des pneus et jeté des pierres sur des membres des forces de sécurité à Ben Guerdane. Ils protestaient contre la fermeture du poste-frontière avec la Libye qui affecte leurs activités transfrontalières, a indiqué Sofiène Zaag, porte-parole du ministère de l’Intérieur tunisien.

Pour disperser les protestataires, qui ont « attaqué » le principal poste de police de Ben Guerdane, des policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, a-t-il ajouté. Le chef du poste de police a été blessé à la tête par une pierre, selon la même source, qui a pas fait état d’aucune victime parmi les manifestants.

Ces derniers sont des petits commerçants affectés par la fermeture depuis un mois et demi du principal poste frontalier tuniso-libyen de Ras Jedir, a encore précisé Sofiène Zaag, imputant la fermeture aux autorités locales libyennes.


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Accusations libyennes

Interrogé, un responsable sécuritaire libyen a pour sa part indiqué que la décision avait été prise par le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), mais il a rejeté la responsabilité sur les habitants de Ben Guerdane. Ces habitants contestent « une décision qui leur interdit de transporter des marchandises de Libye vers la Tunisie », a-t-il déclaré.

« Ils veulent qu’on leur permette de reprendre leurs activités illégales de contrebande » et la frontière a été fermée après « l’agression de voyageurs libyens » dans cette zone, a-t-il assuré. Le poste rouvrira dès que Tripoli aura reçu « un engagement tunisien sur la sécurité des Libyens », a-t-il conclu.

Population délaissée

Hafedh ben Sassi, le maire de la ville libyenne de Zouara – dont les autorités contrôlent le poste-frontière en question – a dit s’être entretenu il y a deux semaines avec son homologue de Ben Guerdane « des difficultés empêchant la reprise de l’activité à Ras Jedir », et évoqué une autre réunion « dans les prochains jours ».

Le sud-est de la Tunisie, dont une partie de la population estime être délaissée par le pouvoir central, vit essentiellement du trafic transfrontalier avec la Libye, y compris de contrebande. Ces dernières années, cette région a connu des tensions à maintes reprises en raison de la fermeture de Ras Jedir côté libyen. À chaque fois, les autorités tunisiennes font valoir la difficulté de négocier avec les parties libyennes en raison du chaos politique prévalant dans ce pays.