Politique

Ouganda : le chanteur et député de l’opposition Bobi Wine inculpé pour trahison

Bobi Wine, le "président du ghetto" vient de faire son entrée au Parlement Ougandais. © Vidéo Reuters

Le chanteur et député ougandais Bobi Wine a été inculpé jeudi 23 août pour trahison par un tribunal civil, peu après qu'une cour martiale eut abandonné les accusations de possession illégale d'armes à feu à son encontre.

Le tribunal de Gulu dans le nord de l’Ouganda a décidé de maintenir Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, en détention jusqu’au 30 août, date à laquelle il comparaîtra pour « trahison », en compagnie de 34 autres personnes inculpées pour le même motif la semaine dernière.

Auparavant, toujours à Gulu, le tribunal militaire présidé par le général Andrew Gutti avait renoncé à des poursuites pour « possession illégale d’armes à feu » contre Bobi Wine, au motif qu’il devait répondre de l’accusation plus grave de « trahison ».

Ce dernier avait été arrêté le 14 août à Arua (nord-ouest), où il était venu soutenir le candidat de son parti à une élection législative partielle. Il avait été inculpé par ce même tribunal militaire deux jours plus tard. Selon la police, deux armes à feu avaient été retrouvées dans la chambre d’hôtel de Bobi Wine à Arua. La possession illégale d’arme à feu est un délit passible de comparution devant la justice militaire, selon la loi ougandaise.

Dès l’annonce de la décision de la Cour martiale, jeudi, Bobi Wine a été à nouveau arrêté et emmené devant un tribunal civil, où il s’est présenté en boitant et avec une écharpe aux couleurs du drapeau ougandais autour du cou.

« Le simulacre de justice et les abus injustifiés des droits de Bobi par l’armée ont pris fin. Maintenant, nous pouvons aller devant un tribunal civil pour obtenir justice », a déclaré un des avocats de la star, Nicholas Opiyo.

Détracteur virulent de Museveni

Bobi Wine, 36 ans, s’est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un détracteur virulent du président Yoweri Museveni depuis son élection à l’Assemblée nationale en 2017.

Son arrestation faisait suite à un incident à Arua au cours duquel des partisans de l’opposition ont jeté des pierres sur le convoi du président Museveni, venu soutenir le candidat de son camp à l’élection partielle. Trente-quatre personnes, dont quatre députés, avaient été arrêtées en même temps que lui, puis inculpées de trahison, pour avoir prétendument cherché à attenter à la sécurité du président.

La semaine dernière, son épouse et son avocat avaient dénoncé un coup monté et accusé les forces de sécurité de l’avoir brutalisé en détention. Sa détention a déclenché des manifestations en début de semaine dans la capitale Kampala, qui ont été violemment réprimées à coups de gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles.

Yoweri Museveni, âgé de 74 ans et au pouvoir depuis 1986, a récemment fait supprimer la limite d’âge pour être candidat à la présidentielle, se donnant la possibilité de se représenter en 2021.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte