Économie

L’Angola entame des discussions avec le FMI en vue d’un programme de soutien financier

Le président angolais João Lourenço en novembre 2017. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Durement touché par la baisse du prix du pétrole depuis 2014, les autorités angolaises ont envoyé une lettre demandant à entamer des discussions avec le FMI en vue d'un éventuel soutien financier.

« Nous avons reçu une lettre des autorités angolaises pour que les services du FMI entament des discussions sur un programme économique qui pourrait être soutenu par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) », annonce le directeur adjoint du FMI, Tao Zhang, dans un communiqué.

Cette demande fait suite à la visite d’une mission des services du Fonds monétaire international à Luanda du 1er au 14 août 2018. Le MEDC est un programme du FMI destinés à des pays « qui sont aux prises avec de graves déséquilibres de balance des paiements à cause d’obstacles structurels » ou « qui affichent une croissance lente et une position de balance des paiements intrinsèquement fragile », d’après les documents de l’institution.

« Le gouvernement du président Lourenço a pris des mesures importantes pour améliorer la gouvernance et rétablir la stabilité macroéconomique. Le FMI est prêt à aider les autorités angolaises à relever les défis économiques en appuyant leurs politiques et réformes économiques », souligne Tao Zhang.

Des difficultés économiques depuis 2014

La baisse du prix du pétrole à partir de la mi-2014 a conduit a une baisse des recettes budgétaires et des exportations, à un ralentissement de l’activité et à une accélération de l’inflation, note l’institution internationale dans une publication récente.

Si les autorités ont pris des mesures en 2015-16 pour atténuer l’impact du choc pétrolier, via des coupes dans les dépenses et une dévaluation du kwanza face au dollar de plus de 40%, la politique économique menée à l’approche de la présidentielle 2017 – expansion budgétaire et taux de change fixe – a contribué à dégrader la situation des finances publiques et de la balance des paiements.

Le déficit budgétaire a atteint 6 % du PIB en 2017 et la dette publique, en prenant compte de celle de la compagnie pétrolière publique Sonangol, s’est établie à 64 % du PIB. Les réserves internationales sont tombées à 17 milliards de dollars, soit l’équivalent de six mois d’importations, tandis que l’écart entre les taux de change officiel et parallèle a atteint 150 %.

Depuis son élection, le président João Lourenço a commencé à mettre en œuvre des réformes visant à rétablir la stabilité macroéconomique et à améliorer la gouvernance. Son administration a renvoyé des fonctionnaires liés à l’administration précédente, lancé des enquêtes sur d’éventuels détournements de fonds dans plusieurs entités publiques et créer une unité spécialisée dans la lutte contre la corruption. Le programme de stabilisation macroéconomique présenté en janvier 2018 prévoit notamment un plus grande flexibilité pour la devise angolaise, un réduction de la dette publique à 60 % du PIB et la mise en oeuvre d’une législation anti-blanchiment.

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