Politique

Maroc : le roi gracie 188 militants du Hirak et 22 prisonniers condamnés pour extrémisme

Le roi du Maroc Mohammed VI s'adressant à la nation à l'occasion des 18 ans de son accession au trône, le 29 juillet 2017. © AP/SIPA

Entre la fête de la Révolution du Roi et du Peuple et l’Aïd al-Adha, 188 militants du mouvement de protestation Hirak, condamnés en juin, ont été graciés par le roi Mohammed VI. 22 prisonniers accusés d'extrémisme, dont 20 salafistes et 2 membres du réseau Belliraj, ont également été graciés.

À l’occasion de l’Aïd al-Adha, le roi Mohammed VI a accordé sa grâce à 889 personnes, dont certaines sont en détention et d’autres en liberté. Parmi elles, 188 avaient été arrêtées durant le mouvement de protestation Hirak, qui a secoué le Rif et la ville d’Al Hoceima en 2016 et 2017, a déclaré Driss El Yazami, le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH).

Le procès de ces manifestants et activistes avaient été très suivi et son verdict avait interpellé : beaucoup écopaient d’une peine de prison ferme, allant jusqu’à vingt ans. Des manifestations avaient été organisées pour protester et des appels à la clémence lancés à l’adresse du chef de l’État.

Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, condamné en même temps que trois proches à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité de l’État », ne figure pas parmi les graciés. Tous les accusés de ce procès-fleuve ont fait appel et l’audience est prévue en octobre.

Réseau Belliraj et salafistes

Il est de coutume que le roi accorde des grâces pour les fêtes religieuses ou nationales. Le 21 août, Mohammed VI a ainsi gracié 522 personnes pour la Fête de la Jeunesse célébrée au Maroc. La veille, pour l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, il avait également accordé 428 grâces. Parmi ces dernières, 22 ont été accordées à des personnes reconnues coupables d’« extrémisme et de faits de terrorisme ».

20 sont des prisonniers salafistes et 2 avaient été incarcérés dans le cadre de « l’affaire Belliraj », du nom d’Abdelkader Belliraj, un citoyen belgo-marocain accusé d’avoir dirigé un réseau terroriste d’obédience islamiste. Des figures de militants politiques modérés avaient été incarcérés dans le cadre de cette affaire en 2009.

Parmi ces 22 personnes, 17 ont été libérées, 3 ont vu leur peine de réclusion à perpétuité commuée et 2 ont bénéficié d’une réduction de peine.

Le programme Moussalaha

Ces graciés ont bénéficié en prison d’un programme de déradicalisation, « Moussalaha » (« réconciliation »), créé en 2017 et piloté par différentes institutions marocaines parmi lesquelles le Conseil national des droits de l’homme et la Rabita Mohammadia des oulémas.

Le programme fonctionne sur la base de la demande volontaire, explique à Jeune Afrique une femme de détenu. Lorsqu’ils sont sélectionnés pour participer au programme, ces derniers sont transférés dans une des prisons où le programme est mis en place. Après une première vague d’une quinzaine de personnes durant l’été 2017, une seconde en a bénéficier, dont ces 22 prisonniers graciés. Auparavant, les détenus salafistes graciés pratiquaient le plus souvent des « mourajaa », révision idéologique, plus ou moins publiques mais informelles.

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