Sécurité

La Russie renforce ses liens militaires avec la Centrafrique

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 22 août 2018 à 12h00
Des éléments de la force Sangaris à Bambari, en Centrafrique, le 22 mai 2014 (photo d'illustration).

Des éléments de la force Sangaris à Bambari, en Centrafrique, le 22 mai 2014 (photo d'illustration). © Jerome Delay/AP/SIPA

La Russie va former dans ses écoles militaires des soldats centrafricains en vertu d’un accord signé le 21 août entre les deux pays.

Cet accord, dont les détails n’ont pas été publiés, « va contribuer à renforcer nos liens dans le domaine de la défense », a souligné le 21 août Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, cité par les agences russes après la signature d’un accord intergouvernemental avec son homologue centrafricaine, Marie-Noëlle Koyara.

La Centrafrique est vue « comme un partenaire prometteur sur le continent africain », a ajouté le ministre russe, présent à l’inauguration d’un forum militaire à Koubinka dans la région de Moscou.

Selon Marie-Noëlle Koyara, le document porte notamment sur la formation des forces armées centrafricaines.

Le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, a lui évoqué « un accord cadre », devant permettre des « échanges de délégations » et « des formations dans des écoles militaires russes ».

Depuis le début de l’année, la Russie a envoyé en Centrafrique cinq officiers militaires et 170 instructeurs civils, et a livré des armes à l’armée nationale après avoir obtenu une exemption à l’embargo de l’ONU. Elle assure également la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra, dont le conseiller à la sécurité est Russe.

Reconquête géopolitique et économique

Des experts ont identifié les « instructeurs civils » envoyés par Moscou comme des mercenaires du puissant groupe militaire privé russe Wagner, sans existence légale en Russie, qui s’est notamment illustré en Syrie ces dernières années.

Dans la nuit du 30 au 31 juillet, le reporter de guerre Orkhan Djemal, le documentariste Alexandre Rastorgouïev et le caméraman Kirill Radtchenko ont été tués par des hommes armés dans le nord de la Centrafrique. Ils y enquêtaient sur de possibles activités de Wagner pour le compte d’un projet de l’opposant russe en exil Mikhaïl Khodorkovski.

L’implication croissante de la Russie en Centrafrique s’inscrit dans une stratégie de reconquête géopolitique et économique plus large du Kremlin sur le continent africain.

Sergueï Choïgou a rappelé mardi les liens qui unissaient la Centrafrique et l’URSS dans les années 1960 et 1970, époque où jusqu’à 150 conseillers soviétiques y travaillaient, selon lui.

Il a également signé dans la même journée un accord militaire avec le Burkina Faso, qualifiant ce pays de « partenaire prometteur », notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

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