Diplomatie

Guerre commerciale Turquie-États-Unis : Erdogan cherche des alliés en Afrique

Recep Tayyip Erdogan à l'ouverture du Turkey-Africa Business Forum, mercredi 2 novembre 2016 à Ankara. © Kayhan Ozer/AP/SIPA

Engagé dans un bras de fer diplomatique avec Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan joue la carte de l'ouverture. Son parti, l'AKP, a invité plus de 400 personnalités étrangères à son congrès, le 18 août à Ankara. Alpha Condé, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et Mohamed Farmajo y sont notamment attendus.

À l’occasion du 6e congrès du Parti de la justice et du développement (AKP), qui se réunit à Ankara le 18 août, Recep Tayyip Erdogan a appelé de ses vœux un renouvellement des instances dirigeantes du parti, qu’il a fondé en 2001. Mais pour le chef de l’État, réélu le 24 juin dernier pour un second mandat présidentiel et qui cumule depuis un an ces fonctions avec celles de chef de l’AKP, la politique intérieure n’est pas le seul enjeu.

Engagée dans un bras de fer diplomatique avec les États-Unis et dans une bataille économique pour sauver la livre turque, en grande difficulté sur les marchés financiers, la Turquie veut montrer qu’elle n’est pas isolée sur la scène internationale. Faisant preuve d’une volonté d’ouverture inédite, l’AKP a convié à son congrès 414 personnalités étrangères, dont 124 diplomates, ainsi que les représentants de 70 ONG et de 38 partis.


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Trois chefs d’État africains y sont attendus : Alpha Condé (Guinée), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) et Mohamed Farmajo (Somalie). Ils faisaient déjà partie des dix dirigeants du continent qui avaient assisté à la cérémonie d’investiture d’Erdogan, le 9 juillet à Ankara.

Offensive économique et diplomatique

Lancée dans une offensive de charme sur le continent africain depuis 2005, la Turquie y étend son influence, multipliant les forums d’affaires, ainsi que les ouvertures d’ambassades, de lignes aériennes, de bureaux de la TIKA (son agence de développement) ou d’écoles.  La présence de Condé, d’Obiang Nguema Mbasogo et de Farmajo au congrès de l’AKP n’est donc pas un hasard.

La Turquie, qui participe activement à la reconstruction de la Somalie, a ouvert à Mogadiscio sa plus grande ambassade sur le continent et, en septembre 2017, sa plus grande base militaire à l’étranger.


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Avec la Guinée, les relations sont également au beau fixe. Lors de sa visite à Conakry en mars 2016, Erdogan avait promis à Alpha Condé de fournir une flotte de cinquante autobus estampillés de la mairie d’Istanbul et financés par le TIKA. Ces bus sont entrés en service à Conakry ce 1er août. « Le président Erdogan et moi avons établi d’excellentes relations personnelles, il nous arrive même d’échanger des SMS et de nous parler au téléphone », avait confié Alpha Condé au retour d’un précédent voyage à Ankara, en décembre 2016.

La Zambie et le Niger seront eux aussi représentés au congrès de l’AKP, en la personne d’Inonge Wina, la vice-présidente zambienne, et d’Ousseini Tinni, le président de l’Assemblée nationale nigérienne. Ils seront reçus séparément par Binali Yildirim, l’ex-Premier ministre turc et actuel président du Parlement, en présence d’Ismail Gülle, le dirigeant de l’Association des exportateurs de Turquie (TIM).

Les relations avec la Zambie, où le président Erdogan s’est rendu en visite officielle le 28 juillet, s’approfondissent. Douze contrats ont été signés à cette occasion et, d’ici à la fin de l’année, Turkish Airlines et la Tika ouvriront une ligne aérienne et un bureau à Lusaka.

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