Vie des partis

Côte d’Ivoire : qui pourrait intégrer la future plateforme de Bédié ?

Henri Konan Bédié, président du PDCI, à Paris, en juin 2017. © Vincent Fournier/JA

En annonçant qu’il se retirait du processus de création du parti unifié voulu par le président Alassane Ouattara, le 8 août, Henri Konan Bédié a déclaré son intention de créer une nouvelle plateforme politique. Qui seront les potentiels animateurs de celle-ci ?

Le 9 août, quand Pascal Affi N’Guessan lit le communiqué d’Henri Konan Bédié, il contient difficilement sa joie. Le président du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo, divisé en deux camps rivaux) savoure chaque mot de ce texte qui annonce la rupture de l’alliance entre Bédié et Ouattara, nouvellement élu à la tête du parti unifié du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle).


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Pascal Affi N’Guessan prend son téléphone et obtient aussitôt un rendez-vous avec le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Le jour même, dans l’après-midi, les deux hommes échangent sur certains points discutés lors de rencontres précédentes. Pascal Affi N’Guessan rêvait d’une alliance, mais, à cette étape, Henri Konan Bédié préfère une organisation moins contraignante.

« Le PDCI-RDA se réserve le droit de promouvoir une plateforme de collaboration avec les Ivoiriens qui partagent sa vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée et soucieuse des droits, des libertés et du bien-être de ses populations », avait écrit Bédié dans son communiqué. « Rien ne s’oppose à ce que dans une plateforme comportant toutes les forces vives de la Nation, dont les partis politiques, le PDCI et le FPI se retrouvent ensemble », a-t-il ajouté le lendemain.

Collaboration avec la plateforme de l’opposition

S’il est certain que Pascal Affi N’Guessan sera un membre fondateur de la future plateforme, dont la mise en place est prévue en octobre, il n’est pas acquis que la branche du FPI conduite par son rival Aboudramane Sangaré – renforcé par le soutien de Simone Gbagbo, suite à sa libération  – l’intègre. Des contacts ont certes été établis entre des membres du bureau politique du PDCI et certains barons proches de Sangaré, en l’occurrence Boubakar Koné, mais ceux-ci sont restés informels.

Objectif : barrer la voie au candidat du RHDP unifié

Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS de Georges Armand Ouégnin), plateforme de l’opposition suscitée par le FPI-Sangaré, devrait donc entretenir des rapports de collaboration stratégiques avec la prochaine plateforme de Bédié, en vue d’un futur accord – à défaut d’une future alliance -, dans la perspective de la présidentielle de 2020. Objectif : barrer la voie au candidat du RHDP unifié.

Des déçus de la politique de Ouattara

D’autres fortes personnalités de la future plateforme sont connues. Il s’agit de Francis Wodié, ancien président du Conseil constitutionnel. Sa rencontre avec Bédié, cinq jours avant l’annonce de ce dernier, a été déterminante. « Bédié m’apparaît comme le pont que nous devons construire pour que les Ivoiriens puissent effectuer la traversée ensemble, d’un rivage vers l’autre, au lieu que chacun reste sur son bord politique », estime Wodié.

Une position partagée par Gnamien Konan, ancien ministre de Ouattara et l’un des premiers membres du RHDP à avoir quitté le navire. Gnamien milite pour que Bédié rassemble les déçus de la politique de Ouattara et tous ceux qui sont opposés à sa gouvernance. Il voit Bédié davantage comme un rassembleur, plutôt qu’un potentiel candidat à la présidentielle de 2020, comme certains proches de ce dernier en rêvent.

Autre ancien ministre de Ouattara, autre déçu : Azoumana Moutayé, président contesté du Mouvement des forces d’avenir (MFA) et éjecté du RHDP par la nouvelle direction. Ces derniers mois, il a eu plusieurs entretiens avec Bédié et pourrait intégrer la future plateforme, à l’instar de Innocent Anaky Kobena, membre fondateur du RHDP en 2005 et fondateur du MFA, ainsi que de Brahima Soro, président de l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI, qui avait officiellement dit non à une fusion au sein d’un parti unifié).

Le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), de Charles Blé Goudé, détenu à la Cour pénale internationale (CPI) mais en en contact avec Jean-Louis Billon, fidèle de Bédié, pourrait lui aussi intégrer la future plateforme.

Des pro-Soro

Quid des partisans de Guillaume Soro ? Le président de l’Assemblée nationale, qui depuis quelques mois passe plus de temps à l’étranger qu’en Côte d’Ivoire, ne s’est pas officiellement prononcé sur la rupture entre Bédié, son « protecteur », et Ouattara, son « parrain ».

Certains de ses partisans, eux, aimeraient intégrer la future plateforme. Le député Alpha Yaya Touré fait partie de ceux-là. Quant au député Kanigui Soro, président du Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (Raci), dont un partisan a été tué début juillet à Korhogo (ville natale du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly), au cours d’un meeting politique, par des agresseurs présumés du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel), il pourrait également intégrer la plateforme.

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