Droits de l’homme

Burundi : le militant des droits de l’homme Nestor Nibitanga condamné à cinq ans de prison

Un policier près d'un bureau de vote, lors de la présidentielle de 2015 au Burundi (archives). © Jerome Delay/AP/SIPA

Emprisonné depuis novembre 2017, l'activiste burundais Nestor Nibitanga a écopé de cinq ans de prison pour avoir produit des rapports sur les violations des droits de l'homme au Burundi pour le compte de l'Aprodeh. L'association, présidée par Pierre Claver Mbonimpa, est interdite par le pouvoir.

Nestor Nibitanga « a été condamné lundi matin [13 août] par le TGI Mukaza (tribunal de grande instance de Bujumbura) à cinq ans de servitude pénale pour avoir continué à donner des rapports sur les droits de l’homme alors que l’Aprodeh avait été rayée par le gouvernement », a affirmé Pierre-Claver Mbonimpa, président en exil de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodeh). Une information confirmée par l’avocat du condamné, Me Fabien Segatwa.

L’Aprodeh, considérée comme la principale ligue de défense des droits humains du pays, a été fermée par le gouvernement burundais en 2015, au début de la crise politique dans le pays. « Nestor Nibitanga a longtemps dirigé notre bureau à Gitega », relate Pierre-Claver Mbonimpa.

Au moins, il n’a pas été torturé ou tué

Arrêté le 21 novembre 2017 par le Service national de renseignement (SNR) à Gitega, Nestor Nibitanga avait été conduit à la prison de Rumonge (dans le sud-ouest) où il était détenu depuis lors. « Au moins, il n’a pas été torturé ou tué comme d’autres activistes ou opposants arrêtés par ce pouvoir, même s’il écope d’une peine de prison gratuite », nuance Pierre-Claver Mbonimpa. Ce dernier aura lui-même été grièvement blessé dans une tentative d’assassinat par balle en août 2015.


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De nombreux autres militants burundais des droits de l’homme ont été condamnés dans le pays depuis le début de la crise en 2015. « Le pouvoir poursuit sa répression de la société civile indépendante mais de toute façon, on n’attendait pas autre chose d’une justice qui est sous les ordres de l’exécutif », s’exclame Pierre-Claver Mbonimpa.

Ambiguïté politique

Au nombre des activistes condamnés, figure Germain Ruvakuki. Ce dernier a écopé d’une peine de 32 ans de réclusion en avril pour « insurrection », à cause de son appartenance à une des organisations de la société civile à la tête des manifestations de 2015 contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, en dépit desquelles ce dernier fut élu. Le pays traverse depuis lors une profonde crise politique à cause de l’entêtement du président à demeurer au pouvoir, malgré les critiques de l’opposition, de la société civile, de l’Église catholique et de la communauté internationale.

Le président Pierre Nkurunziza, 54 ans, a toutefois annoncé début juin qu’il ne serait pas candidat à sa succession en 2020. Le pays venait pourtant d’adopter, un mois plus tôt, une nouvelle Constitution qui permet au chef de l’État de demeurer au pouvoir jusqu’en 2034.

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