Politique

[Chronique] L’accusée Grace Mugabe sans parapluie diplomatique

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Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Damien Glez

Au moment où la page Robert Mugabe se tourne (presque) au Zimbabwe, l’épouse de l’ancien président a appris qu’elle pourrait être poursuivie par la justice sud-africaine.

Elle se voyait déjà présidente de la République, saisissant le flambeau dans la main de son nonagénaire de mari. Avec un époux chef d’État depuis 37 ans et un statut stratégique dans le parti au pouvoir – présidente de la Ligue des femmes de la Zanu-PF – Grace Mugabe n’avait pas besoin de s’encombrer de pincettes dans ses relations conflictuelles.

Parfois, le manque de tact de l’ex-first lady aurait même frisé la brutalité. En 2009, à Hong Kong, un photographe britannique affirmait qu’elle l’avait frappé au visage. Il y a presque un an, le 13 août 2017, c’est le mannequin de 20 ans Gabriella Engels qui accusait la douce moitié du vieux Bob de l’avoir frappée avec un câble électrique dans un hôtel huppé de Johannesburg.

La colérique « Gucci Grace » avait requis et obtenu l’immunité diplomatique, quittant l’Afrique du Sud sans être inquiétée par une police sud-africaine pourtant sur le pied de guerre. Mais depuis, le vent de l’histoire zimbabwéenne a tourné. L’époux-président a été poussé vers la sortie du palais présidentiel par ses propres amis politiques et militaires. Après une période transitoire de neuf mois, le Zimbabwe tente d’accoucher, dans la douleur, d’une nouvelle ère.

Abasourdie ou hautaine, l’ancienne first lady est désormais bien moins bavarde que son mari

Et c’est à cet instant, alors que Robert joue la mouche du coche dans des conférences de presse, que l’affaire sud-africaine de Grace remonte à la surface. Le jour même du scrutin zimbabwéen, un tribunal sud-africain désavouait son ministère des Affaires étrangères, par la voix du juge Bashier Vally, jugeant « contraire à la Constitution » l’immunité accordée, à l’époque, à l’ancienne première dame du pays voisin. Cette dernière devrait donc répondre de l’agression présumée de Gabriella Engels.

Que risque Grace Mugabe ? Des poursuites judiciaires pour coups et blessures, dans les trois mois, et peut-être une demande d’extradition par le parquet sud-africain ou un organisme privé. Abasourdie ou hautaine, l’ancienne first lady est désormais bien moins bavarde que son mari. Peut-être laisse-t-elle ses avocats élaborer une stratégie ? Car le pire n’étant jamais exclu, le clou de la dis-Grace pourrait être enfoncé par d’autres accusations, comme celle d’un export illégal d’importantes quantités d’ivoire, par exemple…

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