Politique

Côte d’Ivoire – Noël Akossi-Bendjo : « Je reste le maire du Plateau, cette révocation est illégale et arbitraire »

Noël Akossi Bendjo, a été révoqué de son poste de maire du Plateau sur décision du gouvernement. © Capture écran YouTube/ Abidjan.netTV

Au lendemain de sa révocation de la mairie du Plateau pour « détournements de fonds publics » et mauvaise gestion, cette figure du PDCI dénonce une « décision politique ».

Par un simple communiqué du Conseil des ministres, Noël Akossi-Bendjo a appris, ce mercredi 1er août, qu’il n’était plus maire du Plateau, la riche commune du centre de Cocody. Au lendemain de sa révocation, ce poids lourd du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, figure de proue des opposants au parti unifié souhaité par Alassane Ouattara, a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Vous avez été révoqué de vos fonctions de maire du Plateau, à Abidjan, en Conseil des ministres mercredi. Avez-vous été surpris de cette décision ? 

Noël Akossi-Bendjo : Cette décision est arbitraire et indigne de notre pays. Mais elle ne me surprend pas, car je savais que j’étais sur la sellette depuis notre refus de cautionner l’inféodation du PDCI au Rassemblement des Républicains (RDR) à travers un parti supposé « unifié ».

Mon opposition a toujours été claire et j’en ai donné les raisons. Je reste ferme sur mes positions. Apparemment, cela ne plait pas. Lorsque vous n’êtes pas pour le parti unifié, voilà ce qu’on vous fait.

Le droit est bafoué, il n’y a rien de juridique là-dedans, c’est une décision politique

Pour expliquer sa décision, le Conseil des ministres a avancé des faits graves. Vous êtes soupçonnés de « déviations dans la gestion, de faux en écritures publiques et de détournement de fonds portant sur plusieurs milliards de francs CFA ». Que répondez-vous à ces accusations ? 

Je ne me reconnais nullement dans ce qui m’est reproché. Je suis maire depuis 17 ans, j’ai fait l’objet de beaucoup d’inspections, à aucun moment on n’a sorti de tels faits. En quatre jours d’une parodie d’inspection, subitement, on découvrirait ces choses ?

Ils n’ont même pas eu le temps de nous écrire… Mais ils ont eu le temps de faire un rapport qui est arrivé au ministre, puis au président. En à peine une semaine, on m’a condamné. Il n’y a aucune cohérence là-dedans. Le droit est bafoué, il n’y a rien de juridique là-dedans, c’est une décision politique.

Selon vous, c’est un règlement de compte politique ? 

Je viens de recevoir un prix, au Maroc, de meilleur gestionnaire de collectivités locales d’Afrique. Et ce n’est pas la première fois. Même les responsables de l’inspection de notre pays savent que le Plateau fait partie des communes les mieux gérées de Côte d’Ivoire.

Donc, je ne comprends pas que, subitement, on me colle une affaire. Ce n’est que pour maquiller une décision politique.

Vous êtes actuellement à l’étranger, alors certains s’interrogent. Avez-vous peur de rentrer en Côte d’Ivoire ? 

Non, car je ne me reproche rien. Depuis le 19 juillet, je suis en mission aux États-Unis et en France pour le PDCI-RDA. J’ai été chargé par le parti de venir expliquer notre position, mobiliser et sensibiliser nos militants afin que le président Bédié soit soutenu par l’ensemble des militants. Je suis en mission jusqu’au 22 août, et je rentrerai après.

Vous ne faisiez pas mystère de votre volonté de briguer un nouveau mandat lors des élections municipales du 13 octobre prochain. Restez-vous candidat à la mairie du Plateau? 

Cette révocation est illégale et arbitraire. Je suis toujours le maire élu du Plateau. Le PDCI-RDA m’a choisi pour les prochaines municipales, ma décision est prise. Dès la fin de ma mission, je vais rentrer au pays et je reste candidat.

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