Racisme

Italie : après l’agression d’une athlète noire, Salvini accusé d’instaurer un climat d’intolérance

L'athlète italienne Daisy Osakue, à sa sortie de l'hôpital, à Turin, après une agression présumée raciste dont elle a été victime. © Alessandro Di Marco/AP/SIPA

L'agression à connotation raciste d'une athlète italienne noire, révélée le 30 juillet, a provoqué une onde de choc en Italie, où le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini est accusé d'instaurer un climat d'intolérance.

L’agression s’est produite dimanche soir, alors que Daisy Osakue rentrait chez elle à Moncalieri, dans le nord de l’Italie. Une voiture s’est approchée d’elle, projetant un œuf dans l’œil gauche de cette lanceuse de disque de 22 ans, née en Italie de parents nigérians. Blessée et souffrant d’une abrasion et de lésions à la cornée, l’athlète de haut niveau espère toutefois pouvoir participer aux championnats d’Europe, la semaine prochaine à Berlin.

En attendant, le motif de l’attaque fait, selon elle, très peu de doute : ses agresseurs cherchaient « une cible noire ».

Climat d’intolérance

Cette agression a suscité une vague d’émotion en Italie et une nouvelle déferlante de critique à l’encontre de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien d’extrême-droite. Accusé de favoriser un climat d’intolérance et de racisme en raison de sa politique de refoulement des migrants, le nouvel homme fort du gouvernement italien a balayé ces critiques.

« Toute agression sera punie et condamnée, je serai toujours au côté de qui subit des violences », a-t-il réagi. Avant d’ajouter : « Alerte au racisme en Italie ? Ne disons pas de bêtises! »

Il n’empêche : ces derniers temps, les agressions à connotation raciste se sont multipliées en Italie. Début juin, Soumaïla Sacko, syndicaliste malien de 29 ans, était abattu d’une balle dans la tête en Calabre. À Palerme, un Sénégalais de 19 ans qui se tenait devant un bar a été roué de coups par un groupe d’Italiens aux cris de « sale nègre ».

Ce week-end, une autre agression a coûté la vie à Hady Zuady, un Marocain de 43 ans. Pris en chasse en voiture par des Italiens le soupçonnant d’être un cambrioleur, il a percuté un muret avant d’être frappé par ses poursuivants. Il est mort dimanche à l’hôpital dans une petite ville du sud de Rome.

« Vade retro Salvini »

La semaine dernière, le président italien, Sergio Mattarella, avait condamné le tir avec un pistolet à air comprimé ayant blessé – accidentellement selon son auteur – une fillette rom qui marchait dans la rue avec sa mère.

« L’Italie ne peut pas devenir un far-west où une partie de la population achète un fusil et tire du balcon en blessant une fillette d’un an, détruisant sa santé et son avenir », a-t-il prévenu.

L’Église catholique est également montée au créneau face au discours anti-migrants de Matteo Salvini. Des critiques résumées par la une du magazine « Famiglia Cristiana » la semaine dernière : « Vade retro Salvini ».

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