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Elections

Présidentielle au Mali : Mopti vote, mais avec la peur au ventre

Un soldat malien sécurise un bureau de vote à Bamako, lors du vote du président sortant, et candidat à sa succession, Ibrahim Boubacar Keïta. © REUTERS/Luc Gnago

Alors que les Maliens ont commencé à voter depuis ce matin pour le premier tour de la présidentielle, une partie des électeurs du Centre ne pourront pas se rendre aux urnes en raison de l’insécurité. Malgré les appels au calme lancés par les candidats, plusieurs incidents ont déjà été signalés.

Le vote à Mopti et Gao – plus de 1,3 millions d’électeurs, sur les quelques 8 millions appelés aux urnes, selon des chiffres de la direction générale aux élections – est l’un des principaux enjeux de ce scrutin. Les appels au calme des candidats à la présidentielle et les campagnes de sensibilisation n’y ont cependant rien changé.

A l’insécurité chronique dans cette région du Centre, où les affrontements intercommunautaires sont récurrents, s’ajoute un fort sentiment de frustration des populations, qui fait craindre un taux de participation qui sera sans doute le plus faible du pays.

Bureaux fermés et attaques d’hommes armés

Plusieurs incidents ont été signalés dans le centre du pays depuis le début des opérations de vote, ce dimanche matin.

Dans le cercle de Douentza, à près de 200 km au nord-est de Mopti, « des hommes armés ont enlevé ce matin un président d’un bureau de vote à Gandamia. Les opérations de vote continuent dans ce villages, mais les populations ont peur du retour des assaillants », nous confie une source sécuritaire dans la région.

Dans le même cercle, « les sous-préfets et les membres des bureaux de vote ont déployés les urnes dans certains village a dominantes dogons, mais aucun bureau n’a ouvert ses portes dans les villages peuls considérés sous contrôle jihadiste comme Yamassadiou et Ondé, ainsi qu’une partie de Mondoro, nous confie cette même source. Aucun bureau de vote n’a ouvert ses portes à Boulikessi, alors que l’armée malienne est bien présente dans ce village ».


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Au nord-ouest de Mopti, dans la zone dite « inondée », considérée comme un bastion du chef jihadiste Amadou Koufa, « la plus part des bureaux n’ont pas ouvert leurs portes », assure à Jeune Afrique une autre source à Mopti.

Les gens ont peur de kamikazes, des conflits dans le bureau de vote

Dans la région de Mopti, plusieurs centres de vote sont fermés en raison de l’insécurité. « Dans ma commune à Mondoro, près de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Il y a une guerre entre l’ethnie peule et les dogons. Il y aussi une guerre entre les jihadistes et l’armée malienne. Et souvent, les civils sont pris pour cible par les protagonistes », explique Moulaye Ongoiba, 32 ans, maire adjoint de la commune de Mondoro.


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« Dans notre cercle, nous avons 15 communes, et les élections auront lieu dans la seule commune de Douentza, chef-lieu du cercle.  Les électeurs n’auront pas accès aux autres bureaux de vote à cause de l’insécurité. Les gens ont peur de kamikazes, des conflits dans le bureau de vote. Certains craignent même une crise post-électorale », ajoute-il.

Conflits intercommunautaires

Début juillet, Ibrahim Boubacar Keïta, candidat à sa propre succession, en campagne dans le cercle de Koro – un autre cercle de la région de Mopti  – avait lancé un appel au calme. Mais dès le lendemain, l’association peule Tabital Pulakuu affirmait, photos à l’appui, que 17 personnes, des peules, avaient été massacrées par des hommes armés, accusant une milice de « dozos » dogons.

À Gao et Kidal, en revanche, le scrutin semble pour l’instant se dérouler dans le calme. « Les bureaux de vote sont ouverts depuis 8h, j’ai moi-même déjà voté », explique Amad ag Bibi, député RPM de la ville de Kidal.

« Des fouilles sont effectuées à l’entrée des centres et des vérifications des documents à l’entrée des bureaux de vote. Des patrouilles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) quadrillent également la ville et font de la surveillance aux portes de Kidal. Pour l’instant, aucun incident n’est à déplorer », affirme le député.


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