Mines

Burkina : le canadien Teranga Gold démarre des travaux de la mine d’or de Niankorodougou

Un morceau d'or. © James St. John/CC/Wikimedia Commons

Le premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba, a lancé les travaux de la mine d'or de Niankorodougou, à près de 500 km au sud-ouest de la capitale, Ouagadougou. La coulée du premier lingot d'or par le propriétaire de la mine, le canadien Teranga Gold Corporation, est attendue fin 2019.

Après avoir racheté, en octobre 2016, les actifs de l’australien Gryphon Minerals (détenteur alors du permis minier de Niankorodou, à 500 km environ au sud-ouest de Ouagadougou), la société minière canadienne Teranga Gold Corporation accélère la construction du site minier aux 1,2 millions de réserves d’onces d’or.

Le lancement des travaux de ce gisement a eu lieu ce vendredi 6 juillet en présence du chef de l’exécutif burkinabè, Paul Kaba Thiéba. »Nous sommes venus soutenir fortement la création de cette quatorzième mine dans notre pays. Le secteur minier occupe une place importante dans notre économie, et nous devons consolider cette place », s’est engagé le chef du gouvernement, appelant de nouveaux investisseurs à emboîter le pas à Teranga Gold.

Au moins neuf années d’exploitation

Teranga Gold estime ses investissements sur le projet aurifère de Niankorodougou, qui couvre une superficie d’environ 90 km2, à plus de 244 millions de dollars (207 millions d’euros). Détenu à 90 % par Teranga Gold Corporations via sa filiale locale Wahgnion Gold Operations et à 10 % par l’État, le site aurifère produira en moyenne 3,6 tonnes d’or par an durant les neuf années de sa durée de vie. « Nos recherches complémentaires ont prouvé que les réserves actuelles évaluées à 1,2 millions d’onces d’or peuvent être accrues de 12 tonnes, ce qui nous permet d’entrevoir une durée de vie de mine à vingt ans », a déclaré Adama Barry, ingénieur géologue de 55 ans et directeur national de Teranga Gold.

Avec le gisement aurifère de Niankorodougou,  le Burkina compte désormais douze mines d’or, dont les plus emblématiques sont Essakane, détenue par le torontois Iamgold, Mana du montréalais Semafo, et Bissa, exploitée par le russe Nordgold. À ces dernières s’ajoutent les mines semi-industrielles de Bouli et de Guiro.


>>> À LIRE : Interview – Tidiane Barry, président de la Chambre des mines du Burkina Faso : « Nous sommes vecteur d’énormes attentes et de préjugés à la fois »


En 2017, la production aurifère du pays a atteint 46, 4 tonnes contre 38, 52 tonnes engrangées un an plutôt. Estimées à 843,1 milliards de F CFA (1,3 milliard d’euros) en 2014, les recettes d’exportation minières ont quant à elles atteint l’an dernier le cap de de 1308,2 milliards de F CFA. Au titre des revenus publics, le secteur à rapporté quelques 226 milliards de F CFA en 2017.

Devenir un producteur d’or de taille intermédiaire

Le site de Niankorodougou devrait générer 84 milliards de F CFA de recettes pour l’État burkinabè sur une décennie et va créer 1 000 emplois. « Notre objectif est d’être un producteur d’or de taille intermédiaire au Burkina, avec une production d’au moins 10 tonnes d’or. Nous détenons une dizaine de permis miniers de recherche, dont le plus avancé est celui de la mine de Golden Hill dans le sud-est de Houndé, à l’ouest du pays. Notre ambition est de développer ce gisement dans les trois prochaines années pour augmenter  progressivement notre capacité de production de 10 à 15 tonnes par an », a expliqué Adama Barry, ancien de Glencore (Perkoa).

Basée à Toronto (Canada),  Teranga Gold Corporation détient la mine d’or de Sabodala au Sénégal qui produit 220 000 onces d’or et la mine d’Afema en Côte d’Ivoire.

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