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Économie

Arvin Boolell : « Sur le continent, les Mauriciens sont des partenaires, pas des envahisseurs »

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Arvin Boolell est le ministre des Affaires étrangères de Maurice.

Arvin Boolell est le ministre des Affaires étrangères de Maurice. © Tony Ashby / AFP

Il n’y a pas que la Chine et l’Inde dans la vie ! Arvin Boolell, le ministre mauricien des Affaires étrangères, compte dynamiser les échanges commerciaux de l’île avec le reste du continent. Explications.

Arvin Boolell, 61 ans, est un homme clé du « système Ramgoolam ». L’un des plus fidèles compagnons de route du Premier ministre, tant au parti travailliste qu’au gouvernement. Voilà neuf ans que ce médecin issu d’une dynastie hindoue bien connue des Mauriciens (son père fut lui aussi ministre) dirige le pays à ses côtés : en tant que ministre de l’Agriculture d’abord (2005-2008) et, depuis six ans, en tant que ministre des Affaires étrangères. Son credo : diplomatie économique, rapprochement avec les autres pays africains et respect de la souveraineté.

Jeune afrique : Quelles sont les grandes lignes de la diplomatie mauricienne ?

Arvin Boolell : Nous défendons une politique de proximité diplomatique fondée sur le respect d’autrui, ainsi que sur le principe que personne n’est petit ou grand. Nos priorités consistent à défendre notre souveraineté, à promouvoir la prospérité nationale en consolidant nos piliers économiques et en dotant Maurice d’une économie de pays à revenus moyens-supérieurs d’ici à 2020, à promouvoir la paix et, enfin, à instaurer un nouvel ordre économique et politique mondial plus équitable.

Notre relation [avec New Dehli] est fondée sur le respect mutuel. Jamais l’Inde ne s’est comportée en « Big Brother ».

 

Pour cela, nous pratiquons une diplomatie économique active. Notre synergie avec le secteur privé nous aide à avoir une meilleure visibilité régionale. Nous sommes ainsi engagés dans la promotion d’une intégration plus approfondie et dynamique avec l’Afrique. C’est ce qui nous a aidés à être mieux compris sur le continent.

L’Afrique constitue-t-elle l’une de vos priorités ?

Oui, mais ce n’est pas seulement la priorité de Maurice, c’est celle du monde entier. Nos principaux partenaires sont l’Europe et, bien sûr, l’Inde et la Chine. Mais nous voulons être plus présents en Afrique, qui a un énorme potentiel : une jeunesse dynamique, une classe moyenne émergente… Nous souhaitons contribuer à en faire un continent de libre-échange et jouer un rôle de plateforme pour le relier à l’Asie. Nous avons une carte à jouer. Nous pouvons régler des problèmes commerciaux en cas de litige, avec le Centre international d’arbitrage commercial. Notre fiscalité très légère et nos institutions démocratiques nous valent d’être cités en exemple. Enfin, nous voulons développer notre port et notre aéroport pour en faire un hub régional.

Maurice vend déjà son savoir-faire à un certain nombre de pays africains…

Oui, dans le secteur de l’industrie cannière, dans les services, le tourisme… Nous faisons en sorte d’encourager les investissements mauriciens sur le continent et disons à nos jeunes : « Allez en Afrique ! Le continent manque d’ingénieurs, de comptables, de médecins… » Ceci étant, nous ne sommes pas des envahisseurs mais des partenaires. L’objectif est de transférer notre savoir-faire pour contribuer au développement de l’Afrique.

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Qu’attendez-vous en retour ?

Nous voulons forger des relations qui permettront un développement durable. L’Afrique connaît une forte croissance démographique, sa jeunesse a beaucoup d’attentes, et sa classe moyenne peut venir passer des vacances ou investir à Maurice, comme les Sud-Africains ou les Angolais le font déjà.

Les Mauriciens se sentent-ils africains ?

Ils sont africains à part entière.

L’Inde joue-t-elle toujours un rôle de parrain pour le pays ?

Nous avons des relations privilégiées. Quand Maurice a traversé des moments difficiles, l’Inde a toujours été à ses côtés. Mais l’Europe et la Chine aussi. Avec New Delhi, nous nous soutenons à travers les institutions multilatérales. Notre relation est fondée sur le respect mutuel. Jamais l’Inde ne s’est comportée en « Big Brother ».

 

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