Analyses

Mondial 2018 : l’Angleterre élimine la Colombie et brise sa malédiction aux tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.)

Le Colombien Santiago Arias, balle au pied, face à l'Angleterre, le 3 juillet 2018. © Alastair Grant/AP/SIPA

Dans un match tendu, la Colombie a arraché la prolongation à la 94e en égalisant sur un corner. Mais l'Angleterre l'a finalement emporté aux tirs au but.

On imaginait un huitième de finale en mode Ligue des champions, avec des gestes spectaculaires, des buts, du rythme, pour ce Colombie-Angleterre, une affiche plutôt digne d’un quart ou d’une demi-finale de Coupe du monde avec les stars présentes dans les deux camps : Falcao, Cuadrado, Quintero côté sud-américain, Kane, Sterling, Lingard… sous le maillot des Three Lions.

Mais dans les heures précédant ce choc, le meneur de jeu James Rodriguez, maître à jouer des Cafeteros, a déclaré forfait, pas suffisamment remis d’une blessure au mollet. Un coup du sort qui a poussé le sélectionneur argentin de la Colombie, José Pérkerman, à aligner une équipe plus défensive, prête à livrer un combat physique aux Anglais plutôt qu’un défi technique. Et c’est exactement ce qu’on a vu.

La première mi-temps a ressemblé à un match de boxe. Chaque duel était un combat, surtout quand Yerry Mina, le costaud de la défense colombienne du haut de son 1m95, défiait Harry Kane, l’attaquant de Tottenham, déjà 5 buts au compteur depuis le début du Mondial 2018.

Harry Kane, puissance 6

À la 39e minute, un mauvais geste a même résumé ce trop-plein de virilité et d’agressivité. Le Colombien Wilmar Barrios donne un léger coup de tête dans le torse de Jordan Henderson. L’international anglais en rajoute et s’écroule au sol. Altercation générale. Cela se bouscule et s’invective. L’arbitre vient mettre de l’ordre en sanctionnant Barrios d’un carton jaune. C’était à peu près le seul moment haletant de cette première période. Sur le plan des occasions, quasiment rien à se mettre sous la dent, mis à part une tête de Harry Kane (15e) et une frappe de Quintero (45e).

Très lente dans le jeu, la sélection anglaise s’en est remise aux coups de pieds arrêtés, son point fort, pour faire basculer la rencontre. Après plusieurs alertes sur le but des Cafateros, c’est Carlos Sanchez qui ceinturait Harry Kane et poussait l’arbitre à siffler un penalty. Une erreur de jugement qui offrait dans ce tournoi un sixième but à l’attaquant de Tottenham, qui transformait son penalty (1-0, 57e).

Le miracle colombien

L’Angleterre pensait gérer la fin de match à sa main. La Colombie tentait bien de pousser, mais les hommes de José Pékerman ont été trop peu au bout de leurs actions. Cuadrado a bien eu sa chance à la 83e minute, lancé par Bacca. Mais il a dévissé son tir face au but anglais. Falcao aussi a essayé avec une tentative lointaine à la 87e, sans plus de succès. Puis, le miracle est arrivé. La Colombie a obtenu un corner dans le temps additionnel et Yerry Mina a dominé tout le monde de la tête pour égaliser (1-1) et arracher la prolongation !

Dans ce rab d’une demi-heure, la Colombie a changé de visage grâce aux attaquants supplémentaires (Muriel, Uribe, Bacca) entrés en jeu dans la fin du temps réglementaire. En ne niant plus l’identité de son équipe, José Pékerman a permis à ses joueurs de développer enfin leur jeu. Bacca (96e) et Falcao (104e) ont été bien servis sans réussir à cadrer. En face, les Three Lions, acculés, ont tout de même eu leur chance avec Danny Rose, qui a trop croisé sa frappe (112e). Mais personne n’a réussi à faire la différence avant la séance de tirs au but, la troisième de cette Coupe du monde.

Un exercice dans lequel l’Angleterre est habituellement maudite. Depuis 1990, les Three Lions avaient été éliminés six fois sur sept lors de séances de tirs au but. Leur sélectionneur actuel, Southgate, avait annoncé que ses joueurs travaillaient sur ce point faible depuis le mois de mars. Cela leur a réussi puisque après s’être fait très peur avec un raté d’Henderson, les Anglais l’ont finalement emporté grâce à une frappe sur la barre du Colombien Uribe, puis un arrêt de Pickford (4-3 t.a.b.).

Dele Alli, en manque d’espaces

Le joueur d’origine nigériane des Three Lions n’a pas vraiment eu l’occasion de se mettre en évidence dans ce match très fermé. Le milieu de terrain de Tottenham adore dévorer les espaces pour faire parler sa vitesse et son explosivité. Face à la Colombie, il a d’abord dû s’atteler à bien défendre et à bloquer les transmissions des milieux de terrain sud-américains. Mais même après l’ouverture du score britannique, alors que la Colombie s’est peu à peu découverte et a laissé des espaces, il est resté sur un mode « off ». Le costume était un peu trop grand pour ses 22 ans dans ce huitième de finale. Il est sorti à la 82e minute, remplacé par Eric Dier.

 

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