Nouvelles technologies

Observatoire de la e-santé : des « gadgets technologiques » au service de la médecine

Les lauréats 2018 de l'Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud. © Lydie Lecarpentier

La fondation Pierre Fabre a lancé il y a trois ans un Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud, afin de « repérer, documenter et mettre en valeur » les innovations technologiques africaines ou asiatiques dans le domaine de la santé. Le 2 juillet a eu lieu à Lavaur, dans le sud de la France, la 3e conférence autour de cette initiative.

Lorsqu’elle décrit l’appareil mis au point par les neurologues Farrah Mateen et Fode Abass Cissé pour diagnostiquer l’épilepsie, la directrice générale de la fondation Pierre Fabre – du laboratoire pharmaceutique du même nom -, Béatrice Garrette, laisse parler son enthousiasme : « En fait, il s’agit d’un bonnet avec des électrodes qui avait à l’origine été conçu dans le cadre des jeux vidéo. C’est très ludique à utiliser ! »

Derrière cette apparence de jouet, un enjeu de taille : détecter une maladie neurologique souvent méconnue en Afrique, mais pour laquelle des traitements efficaces existent. « Les personnes qui font des crises sont souvent stigmatisées dans de nombreux pays, parfois même agressées. Poser un diagnostic d’épilepsie, c’est le premier pas vers la prise en charge », poursuit Béatrice Garrette.

C’est pour cette raison que le Guinea Epilepsy Project a été distingué par la fondation Pierre Fabre, le 2 juillet, lors de la conférence de l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud, organisée pour la 3e année consécutive à Lavaur, dans le sud de la France.

Objets connectés

Ce projet, et celui des cinq autres lauréats 2018 (asiatiques et africains), bénéficiera pendant un an du soutien financier et opérationnel de la fondation, via une enveloppe globale annuelle de 100 000 euros accessible au fur et à mesure, en fonction des demandes jugées prioritaires. Leurs auteurs pourront en outre participer à des ateliers de renforcement des compétences au siège de la fondation Pierre Fabre, animés par des experts internationaux.

Les technologies de ce type se développent à vitesse grand V en Afrique. Et pour Béatrice Garrette, ce n’est encore qu’un début : « On remarque une appropriation rapide et massive de la technologie. En quelques années, le téléphone portable est devenu un bien essentiel. En matière de santé, ce ne sont encore que des promesses, mais ces nouvelles technologies pourraient résoudre en partie les problèmes de prévention, de formation, et de faible accès à la santé que l’on constate notamment pour les zones rurales, les spécialistes médicaux s’installant en grande majorité dans les grandes villes. »


>>> A LIRE – Start-up africaines : le portable, couteau suisse de la santé


La directrice générale de la fondation remarque notamment que si les premières innovations en matière de e-santé concernaient les thèmes dits de base, comme la santé maternelle et infantile, celles de ces derniers mois ont investi tous les secteurs de la médecine, et l’on assiste désormais à une profusion d’objets connectés à même de recueillir différents types d’informations.

Travail en réseau

Le but de l’Observatoire ? Rapprocher tous les acteurs et les intégrer dans un cadre global, afin d’épauler, et éventuellement de dupliquer, les dispositifs qui fonctionnent. « Repérer et documenter toutes les initiatives, trier les informations, mettre en valeur les programmes, c’est une tâche que nous accomplissons toute l’année, en réseau avec des experts du Nord et du Sud et des scientifiques de la fondation Pierre Fabre. Pour le concours, nous avons reçu 450 candidatures et avons mené, après un premier processus de sélection, une quinzaine d’études de terrain, tant aux côtés des porteurs de projets que des patients », explique la directrice générale de l’Observatoire.

Outre le Guinea Epilepsy Project, ont été sélectionnés cette année le programme Africa Cardiac Care, qui donne accès à un suivi cardiologique via le réseau mobile pour les personnes atteintes de maladies chroniques disposant de revenus faibles au Cameroun, ou encore le Blood Safety Strengthening Programme, conçu pour gérer les informations des donneurs de sang du Lesotho.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte