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Côte d’Ivoire – Football : ce qu’il faut savoir sur Ibrahim Kamara, le nouveau sélectionneur des Éléphants

L'équipe de foot de Côte d'Ivoire à l'entraînement au Gabon, le 17 janvier 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

La Côte d’Ivoire connaît depuis le 30 juin dernier l’identité de son nouveau sélectionneur. Il s’agit d’Ibrahim Kamara, qui assurait l’intérim depuis le départ du belge Marc Wilmots, en novembre dernier. Une décision loin d'être surprenante…

Cela faisait six ans qu’un Ivoirien n’avait pas été nommé sélectionneur des Éléphants. Le dernier en date, François Zahoui, avait dirigé l’équipe de 2010 à 2012, atteignant la finale de la CAN en 2012. Ibrahim Kamara, qui assurait l’intérim depuis le départ de Marc Wilmots, a été choisi par la Fédération ivoirienne de football (FIF) sur la base d’un contrat de deux ans. Il avait déjà dirigé les Éléphants brièvement en juin 2015, après la démission d’Hervé Renard et l’arrivée de Michel Dussuyer, à l’occasion d’un match amical face au Gabon (2-1).

Un ancien joueur-étudiant

Ibrahim Kamara fut un bon joueur de Division 1, puisqu’il a évolué au Stade d’Abidjan et surtout à l’Africa Sports, un des meilleurs clubs du pays, tout en poursuivant des études de droit. « J’avais joué contre lui. Moi j’étais au début de ma carrière, lui était déjà un joueur assez expérimenté. C’était un bon défenseur, généreux », se souvient le footballeur Aruna Dindane.

Plusieurs fois international ivoirien, Kamara a ensuite joué en France, mais seulement dans des clubs de divisions inférieures. C’est dans ce pays qu’il a passé ses diplômes d’entraîneur, avant de rentrer en Côte d’Ivoire. « C’est un homme intelligent, cultivé, ouvert. Mais avec les médias, c’est plus compliqué. Il communique peu. Lors de la conférence de presse annonçant sa nomination, on nous a promis qu’il s’ouvrirait un peu plus », explique un journaliste abidjanais. Le nouveau sélectionneur n’a, néanmoins, toujours pas répondu à nos nombreuses sollicitations…

Il a vite intégré le giron fédéral

C’est à l’Entente Sportive de Bingerville que Kamara a débuté sa carrière d’entraîneur. Le club de la banlieue d’Abidjan était alors dirigé par Sory Diabaté, l’actuel numéro 2 de la FIF. Puis le technicien a rejoint l’instance et a dirigé les moins de 17 ans (U 17), qu’il a conduits au titre de Champions d’Afrique de la catégorie en 2013 au Maroc. Lors de la Coupe du monde de la catégorie, la même année, la Côte d’Ivoire s’était hissée jusqu’aux quarts de finale.

Kamara, qui a également entraîné la sélection des moins de 20 ans (U 20), était sur le banc des Éléphants locaux lors du Championnat d’Afrique des nations disputée à l’hiver dernier au Maroc. Avec beaucoup moins de réussite que lors de son dernier passage au Maroc, puisque l’aventure s’était achevée au premier tour. Kamara a également été l’adjoint d’Hervé Renard, Michel Dussuyer et Marc Wilmots, les trois derniers sélectionneurs de la Côte d’Ivoire.

Sa bonne connaissance du football ivoirien et ses bons résultats ont plaidé en sa faveur « , souligne un journaliste

Un bon connaisseur du football local

La fédération ivoirienne, qui n’avait pas lancé d’appel à candidatures, voulait un sélectionneur qui réside à Abidjan, et surtout qui maîtrise parfaitement le contexte local. « Il a dirigé plusieurs sélections de jeunes. C’est un coach sérieux, curieux. Quand j’étais entraîneur de l’Asec Mimosas, il venait régulièrement assister à des séances d’entraînement », se souvient Sébastien Desabre, aujourd’hui sélectionneur de l’Ouganda. « Sa bonne connaissance du football ivoirien, le fait qu’il ait entraîné les U 17 et les U 20, avec des résultats à la clé, ont plaidé en sa faveur », ajoute le journaliste Clément Diakité.

C’est le protégé de Diabaté. Et comme celui-ci est le bras armé de Sidy Diallo, la nomination de Kamara était une évidence », explique un dirigeant de club

Sa proximité avec Sory Diabaté, le vice-président de la FIF, a également représenté un atout supplémentaire pour l’ex-défenseur de l’Africa Sports. « C’est le protégé de Diabaté. Et comme celui-ci est le bras armé de Sidy Diallo, le président de la fédération ivoirienne, la nomination de Kamara était une évidence », explique un dirigeant de club. « Il y a des gens qui s’attendaient à ce que la FIF choisisse quelqu’un de plus expérimenté, avec plus de charisme », poursuit cette source.

Pour Aruna Dindane, le choix de Kamara se justifie. « Plusieurs pays africains comme la RD Congo, le Sénégal ont fait confiance à des locaux. Kamara a des compétences, donc pourquoi pas… »

Un choix également financier

Sabri Lamouchi, Hervé Renard, Michel Dussuyer et Marc Wilmots, les quatre derniers sélectionneurs, ont bénéficié de salaires certes élevés, mais loin des sommes évoquées (200 000 euros par mois pour Lamouchi, notamment). Le départ de Wilmots, qui touchait environ 60 000 euros mensuels, a coûté cher à la FIF. Le technicien belge, dont la femme est avocate, est réputé pour savoir endurcir ses contrats. La séparation entre les deux parties, officialisée après l’élimination des Éléphants en qualifications pour la Coupe du monde, s’est révélée douloureuse pour les finances de la FIF (autour de 800 000 euros).

La FIF ne pouvait pas se permettre de faire des folies

Même si le règlement de cette somme a été étalé dans le temps, l’instance ne pouvait pas se permettre de faire des folies. Et traditionnellement, la rémunération d’un sélectionneur local est (presque) toujours inférieure à celle d’un étranger.

Objectif CAN 2019

Kamara a signé un contrat de deux ans, jusqu’au 30 juin 2020. Soit un an après la CAN 2019 au Cameroun, mais aussi un an avant celle que la Côte d’Ivoire organisera en 2021. « C’est assez paradoxal. Comme si on ne lui faisait pas totalement confiance », ironise un dirigeant.

Le 7 septembre prochain, les Éléphants affronteront le Rwanda à Kigali en qualifications pour la CAN 2019, qu’ils ont démarrées par une défaite à domicile contre la Guinée (2-3). Kamara devra aussi gérer le cas de Yaya Touré, dont le retour en sélection prévu en mars, que le joueur avait annoncé lui-même, ne s’est pas concrétisé dans les faits. « Kamara va comprendre que Yaya fait comme il veut, quand il veut », lance un ex-international…

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