Politique

Algérie : Fethi Ghares, le premier candidat à l’élection 2019, remis en liberté

Au siège de son parti, le MDS, le 14 mai, à Alger. © LOUIZA AMMI pour JA

Lancé en juillet 2016, le procès intenté à l'encontre de Fethi Ghares vient de connaître son épilogue. Le candidat déclaré à la présidentielle de 2019 et les autres dirigeants du MDS, notamment poursuivis pour « incitation à l’attroupement », ont été acquittés le 26 juin.

L’homme qui rêve de dynamiser l’opposition en Algérie peut souffler. Le tribunal correctionnel de Ghardaïa, (600 km au sud d’Alger), a ordonné mardi 26 juin l’abandon des poursuites contre Fethi Ghares, porte-parole du Mouvement démocratique et social (MDS).

Lui et d’autres dirigeants du MDS étaient poursuivis pour « incitation à l’attroupement », « outrage à corps constitué » et « le non-respect d’une décision administrative ». Le parquet avait requis mardi 19 juin une année de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 dinars (environ 729 euros) à l’encontre de Fethi Ghares, de Hamid Farhi, coordinateur du MDS et de quatre militants pour les droits de l’homme, Abdelkader Kherba, Kaddour Chouicha, Ahmed Manseri et Nadir Debbouz.

Des policiers nous ont fait subir dix heures d’interrogatoire, puis nous ont relâchés en s’excusant », indique Fethi Ghares

Un acharnement ?

Le porte-parole du MDS donne sa version des faits. « Le 13 juillet 2016, nous avons décidé d’apporter notre soutien au maître Salah Debbouz, militant des droits de l’homme et avocat du MDS, qui était sous poursuite judiciaire en liaison avec son activité militante, raconte à Jeune Afrique Fethi Ghares. Nous étions attablés dans un café à Ghardaïa, quand des policiers sont arrivés, nous ont embarqués et nous ont fait subir dix heures d’interrogatoire. Ils ont fini par nous relâcher en s’excusant ».

Selon le responsable politique, leur mouvement a toujours subi différentes formes de harcèlement. « On veut à chaque fois nous détourner de nos objectifs. Cette affaire, qui date du mois de juillet 2016, a ainsi été réactivée au moment où notre coordinateur national Hamid Ferhi annonçait que nous voulions présenter un candidat à la présidentielle de 2019 », souligne-t-il.


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La décision du tribunal a ainsi surpris le candidat à la présidentielle de 2019. « Je suis ravi de la décision du procureur qui est normalement logique, mais je me n’y attendais pas. La justice en Algérie n’est pas épargnée par la pression politique. Mon projet consiste justement à assurer l’autonomie de la justice », explique Ghares.

Plus que déterminé

« Même si le MDS est une cible pour ceux qui ne veulent pas de changement », comme l’affirme l’homme de gauche, ce dernier promet de lutter jusqu’au bout. « J’ai une chance sur mille de remporter la présidentielle mais je veux la saisir. Il faut se battre pour gagner. Je ferai comme a fait l’Algérie lors du match face à l’Allemagne en coupe du monde 1982 », lance Fethi Ghares, d’un ton plus relâché.


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Sa campagne est d’ailleurs déjà lancée. « J’ai déjà débuté ma campagne. Je dois aller à la rencontre du public aussitôt, employer ce temps pour compenser mon manque de moyens. »

Le porte-parole du MDS aura néanmoins besoin de 60 000 signatures de citoyens ou du parrainage de 600 élus pour que sa candidature soit validée.

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