Justice

Maroc : le procès des 54 militants du Hirak dans la dernière ligne droite

Nasser Zefzafi, le chef du Hirak, dans le Rif marocain, conteste la véracité du procès verbal dressé par la police. © Aboussi Mohamed/AP/SIPA

Le procès des 54 accusés liés au mouvement de protestation du Hirak, qui a agité le nord du Maroc entre l'automne 2016 et l'été 2017, est entré dans sa dernière ligne droite lundi avec les plaidoiries des avocats de la défense.

Les premières plaidoiries ont concerné le journaliste Hamid el Mahdaoui qui assure avoir été « impliqué dans ce dossier pour justifier la thèse de la police qui accuse le Hirak de violence ». Connu pour ses prises de position tranchées contre le pouvoir marocain, ce journaliste a été arrêté le 20 juillet 2017 dans le Rif, pour « non dénonciation d’une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l’Etat ».

On l’accuse d’avoir reçu un appel d’un Marocain résidant aux Pays-Bas évoquant « des armes destinées au Hirak » et de n’avoir pas alerté la police. D’après Reporters sans frontières, qui le soutient, il risque deux à cinq ans de prison ferme. C’est le seul présent devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca, les 53 autres accusés ayant décidé de boycotter le procès pour dénoncer la « partialité » de la justice .

Des chefs d’accusations passibles de la peine de mort

En leur absence, l’avocat général a requis la semaine dernière des peines correspondant aux charges. Pour les chefs d’accusation les moins graves, notamment la participation à des manifestations non autorisées, les accusés risques deux ans de prison. Les plus graves, comme l’atteinte à la sécurité de l’État, sont passibles dans les textes de la peine de mort.

Les peines les plus graves visent notamment le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, 39 ans, arrêté pour avoir interrompu le prêche d’un imam ouvertement hostile au mouvement dans une mosquée d’Al-Hoceïma, l’épicentre de la protestation qui a secoué la région historiquement frondeuse et marginalisée du Rif.

Les manifestations ont fait plus de 600 blessés parmi les forces de l’ordre et 7 millions de dirhams de dégâts matériels (environ 630 000 euros), selon les conclusions des avocats des parties civiles qui représentaient l’Etat et ses agents dans le procès.

Une « approche sécuritaire » critiquée

Les parties civiles ont plaidé pour la condamnation de tous ceux qui ont participé aux protestations déclenchées par la mort d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en octobre 2016.

Environ 450 personnes, selon des associations, ont été arrêtées pendant les manifestations généralement pacifiques mais parfois marquées par des heurts entre forces de l’ordre et protestataires, avec des blessés des deux côtés.

L' »approche sécuritaire » adoptée par les autorités a été critiquée par des associations de défense des droits de l’Homme, qui ont dénoncé la « répression » du mouvement et des tortures qu’auraient subi certains des meneurs après leur arrestation.

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