Société

Akon, le Black Panther de la crypto-monnaie

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

L’œil de Glez © Glez / JA

La star américano-sénégalaise de RnB Akon lance « akoin », une monnaie virtuelle destinée à changer radicalement la « façon d'exister » en Afrique. L’artiste a toujours vu grand…

Mégalomane, Akon ? Le chanteur vient d’annoncer le lancement de sa propre crypto-monnaie et l’édification prochaine de la ville futuriste « Akon Crypto City ». La première est inspirée du bitcoin, comme en témoigne son nom « akoin », combinaison du pseudonyme de l’artiste de RnB et de l’intitulé de la plus célèbre unité de transaction virtuelle. La seconde – 2000 hectares « smart » à proximité du nouvel aéroport international de Dakar – a manifestement été influencée par le succès du film « Black Panther » et son Wakanda idéalisé…

Au risque de se disperser et de remettre à plus tard certains projets frôlant une certaine « folie des grandeurs », le producteur a toujours vu grand, à commencer par la musique. En 2009, il annonçait la sortie prochaine d’un quintuple album recouvrant cinq genres musicaux, œuvre titanesque qui devait être exclusivement distribuée par une appli mobile dédiée. Les fans rongeront leurs freins, jusqu’à la récente collaboration avec Nicki Minaj…

Le chanteur, de son vrai nom Alioune Badara Thiam, n’avait pas de démesurées que ses ambitions musicales. Entre business et œuvres caritatives, il lança ses lignes de vêtements Konvict Apparel et Aliaune, la société Akon Lighting Africa destinée à développer l’électrification de l’Afrique et sa fondation pour les enfants défavorisés, Konfidence Foundation.

Booster les économies africaines

Qui dit business et développement dit moyen de paiement. C’est donc pour booster les économies africaines et intégrer les jeunes Africains dans le mouvement économique mondial qu’Akon lance maintenant la crypto-monnaie akoin, en combinant sa stratégie avec l’utilisation de la blockchain, cette technique de stockage et de transmission d’informations sans organes de contrôle centralisé. L’artiste est-il particulièrement visionnaire ? Bien sûr, il est démontré que l’Afrique est ouverte aux nouvelles techniques de paiement, comme en témoigne le Money Banking, la banque mobile dont le continent est devenu l’Eldorado. Du règlement par téléphone à la monnaie virtuelle cryptée, il ne semblait y avoir qu’un pas…

Pourtant, l’expérience du bitcoin est sujette à caution. Ce petit programme informatique inventé en 2008 est devenu une monnaie virtuelle qui pèse aujourd’hui 260 milliards de dollars. Mais le bitcoin interroge autant qu’il intrigue. Selon Nicolas Houy, chercheur au CNRS, c’est « certainement l’actif le plus risqué qui existe sur le marché ». C’est pourtant « une sécurité dans le système monétaire » que dit rechercher Akon dans la crypto-monnaie, sécurité qui irait de pair avec une indépendance économique des individus à l’égard des gouvernements qui développent « une économie qui les laisse au bord du chemin. »

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