Économie

À Bruxelles, la Guinée fait son « show » pour attirer les investisseurs européens

Intervention du premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana. © DR / APIP Guinée

La Guinée organisait, ces 22 et 23 juin, son Forum économique à Bruxelles. Objectif : amener le secteur privé à contribuer à hauteur de 6 milliards d’euros à son plan développement 2016-2020. S’il est difficile d'estimer les retombées économiques d'un tel événement, l'opération de communication, elle, est plutôt réussie.

Près de 250 personnes étaient rassemblées à l’hôtel Crown Plaza de l’aéroport de Bruxelles pour le Forum économique de la Guinée en Europe – avec une forte présence gouvernementale. Nommé fin mai 2018, le nouveau premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, y a fait son premier déplacement à l’étranger. L’objectif de ces deux journées : inciter le secteur privé à contribuer à hauteur de 7 milliards de dollars (6 milliards d’euros) à son Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020.

« Nous voulons montrer aux investisseurs que la Guinée est un pays qui change », a-t-il expliqué lors de la séance d’ouverture du Forum. Soulignant que « l’État ne peut pas tout », en raison des contraintes qui pèsent sur les finances publiques, il a enjoint les investisseurs à prendre le relais du gouvernement dans le financement des infrastructures.

Le directeur général de la coopération et du développement de l’Union européenne, Stephano Manservisi, a salué les efforts d’amélioration du climat des affaires entrepris par le gouvernement, soulignant sa cohérence avec la politique européenne, qui vise « à promouvoir le secteur privé et la croissance afin de renforcer de développement et lutter contre les migrations irrégulières ».

Atteindre une croissance à deux chiffres

L’événement s’est poursuivi par des sessions consacrées au rôle du secteur privé dans le financement du PNDES et dans les partenariats publics privés (PPP). Gabriel Curtis, le nouveau ministre des Investissements et des PPP, après avoir dirigé pendant quatre ans l’Agence pour la promotion des investissements privés, a vanté le bilan du gouvernement en termes de facilitation des affaires : « Nous sommes le gouvernement de la croissance », s’est-il exclamé, rappelant l’ambition du régime d’atteindre une croissance à deux chiffres.

« Nous voulons montrer aux investisseurs que la Guinée est un pays qui change. »

La matinée du samedi a été consacrée aux mines et aux rôles de la diaspora dans le développement. Pour le secteur minier, l’ex directeur général de la Compagnie des bauxites de Guinée, Kemoko Touré, a recommandé aux investisseurs de ne pas se focaliser sur les clivages politiques qui divisent la société guinéenne. « Nous savons nous étendre pour préserver nos intérêts économiques », a-t-il précisé, rappelant que la CBG n’avait pas cessé de fonctionner depuis 1963.

Si la cheffe de mission OIM Guinée, Fatou N’Diaye Diallo, a détaillé le rôle que pouvait jouer la diaspora guinéenne, tant régulière qu’irrégulière, dans le développement du pays, non seulement par les transfert de fonds mais grâce à l’expérience acquise à l’étranger, Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse et de l’Emploi jeune, a appelé les jeunes diplômés vivant à l’étranger à revenir au pays.

Quelles retombées ?

« J’étais à Paris lors de la conférence consacré au PNDES et ça m’a permis d’avoir un aperçu plus complet des secteurs où investir », explique à JA un homme d’affaires turc. Aujourd’hui, il s’agit surtout d’une opération de relations publiques. » Même sentiment mitigé chez un chef d’entreprise : « Certaines discussions n’étaient pas assez concrètes à mon goût. »

« Des deals seront signés aujourd’hui. »

Un entrepreneur guinéen revenu s’installer à Conakry après avoir travaillé dans la finance à Londres se montre plus positif. « C’est important pour l’image du pays d’organiser ce type d’événements. Auparavant, seuls les pays anglophones organisaient des « roadshows » de ce genre », poursuit-il, soulignant la montée en gamme de l’organisation. « S’il est difficile de chiffrer les retombées économiques de ce type, je peux vous assurer que des deals seront signés aujourd’hui. »

Selon Gabriel Curtis, les résultats sont déjà là : « Nous avons des missions commerciales prévues en provenance de l’Allemagne, de l’Espagne et de la Turquie. Elles se rendront prochainement en Guinée. »

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