Justice

Algérie : le blogueur accusé d’espionnage au profit d’Israël condamné à sept ans de prison en appel

Le blogueur algérien Merzoug Touati a été arrêté le 25 janvier 2017. © Facebook / Merzoug Touati

Condamné en première instance à dix ans de prison, le blogueur algérien Merzoug Touati a vu sa peine réduite de trois ans en appel.

Âgé de 30 ans, Merzoug Touati avait été condamné en mai en première instance à 10 ans de prison pour avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels ».

À cette époque, le tribunal criminel de Béjaïa (260 km à l’est d’Alger) avait en revanche écarté le chef d’incitation à « s’armer contre l’autorité de l’État », crime passible de la peine de mort, et deux autres crimes et délits d’atteinte à la sûreté de l’État, dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook.

« Le dossier est vide »

Jeudi, devant la Cour d’appel, « le procureur a requis la perpétuité (…) pour l’ensemble des chefs d’accusation », a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats Me Boubakeur Esseddik Hamaïli, joint à Béjaïa. La défense a elle plaidé l’acquittement, a-t-il ajouté : « Le dossier est vide, il n’y a aucune preuve contre notre client ».

Merzoug Touati a finalement été condamné à sept ans de prison ferme, a indiqué l’un de ses avocats, Me Salah Dabouz. « Même si cette peine est revue à la baisse, elle ne nous réjouit pas car Touati est réellement innocent, j’en suis convaincu, a-t-il ajouté. Il nous reste la Cour suprême, mais c’est à Touati de décider, il a 8 jours. » Le Parquet de Béjaia n’a pu être joint par l’AFP.

Merzoug Touati est détenu depuis qu’il a été arrêté à Béjaia en janvier 2017, après avoir appelé sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de Finances et diffusé sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

Un dossier d’instruction « à charge »

M. Touati, qui n’a obtenu que des emplois précaires depuis qu’il est diplômé de l’université, « n’a jamais occupé de postes à responsabilité lui donnant accès à des informations qu’il aurait pu communiquer » à une puissance étrangère, avait expliqué lors du verdict de première instance Me Boubakeur Esseddik Hamaïli.

La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) a dénoncé « la disproportion entre les chefs d’accusation très graves et le dossier d’instruction uniquement à charge et vide », ainsi qu’un « procès inéquitable ». « La liberté d’expression est en danger. Il devient de plus en plus difficile d’exprimer son mécontentement ou tout simplement de donner son opinion », a poursuivi l’ONG.

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