Sécurité

Libye : les forces d’Haftar reprennent deux installations pétrolières

Incendie sur le terminal de Ras Lanuf, le 16 juin 2018 en Libye, après des affrontements entre factions rivales pour en prendre le contrôle. © The National Oil Corporation/ Handout via Reuters

Cibles d'attaques de groupes armés depuis une semaine, deux sites pétroliers ont été repris par l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar.

« La reconquête sacrée est lancée dans le Croissant pétrolier ! » a annoncé dans un enregistrement sonore le maréchal Haftar, homme fort de l’Est libyen. L’« heure zéro a sonné » pour « écraser l’ennemi », a-t-il affirmé, accusant sans le nommer Ibrahim Jadhran, un ex-commandant rebelle lors du soulèvement 2011 qui a conduit une attaque la semaine dernière contre deux sites pétroliers, de s’être « allié avec le diable ». Une référence aux combattants islamistes des « Brigades de défense de Benghazi », auxquelles des sources proches de l’ANL accusent Jadhran de s’être rallié.

Les sites pétroliers rapidement repris

Peu après l’annonce de l’offensive , l’ANL a dit avoir repris le « contrôle total » de deux terminaux pétroliers de cette région du nord-est du pays, considérée comme le poumon de l’économie libyenne.

« Nos forces armées ont le contrôle total de la région de Ras Lanouf », a indiqué le général Ahmed al-Mesmari, porte-parole de l’ANL, avant d’annoncer que les forces du maréchal Haftar s’étaient emparées aussi du « terminal d’al-Sedra et pourchassaient l’ennemi à l’Ouest ».

Jadhran, dont la tribu d’Al-Magharba est historiquement basée dans la région, avait autrefois commandé les Gardes des installations pétrolières (GIP) chargés de la sécurité du Croissant pétrolier. Il avait réussi à bloquer les exportations de pétrole depuis cette région pendant deux ans, avant d’en être chassé en 2016 par l’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar.

Depuis une semaine, des combats intermittents opposent les deux camps autour des terminaux de Ras Lanouf et al-Sedra, provoquant des « pertes catastrophiques », selon la Compagnie nationale de pétrole (NOC).

Une attaque condamnée par les américains

L’offensive lancée par Haftar intervient quelques heures après une condamnation américaine de l’attaque menée par Ibrahim Jadhran. « Les États-Unis condamnent fermement les récentes attaques menées par les forces dirigées par Ibrahim Jadhran contre les ports pétroliers de Ras Lanuf et Al Sidra, ainsi que les violences qui ont endommagé les infrastructures pétrolières vitales à la Libye et perturbé les exportations de pétrole ».

« Nous demandons à tous les acteurs armés (…) de cesser toutes les hostilités et de se retirer immédiatement des installations pétrolières pour éviter davantage de dégâts », a indiqué le département d’Etat dans un bref communiqué.

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