Défense

Tunisie : limogeages et mutations au sein de la garde nationale

Un soldat tunisien devant le musée du Bardo, à Tunis, en mars 2015. © Michel Euler/AP/SIPA

Huit chefs de district et cinq directeurs de la garde nationale tunisienne ont été écartés par le chef du gouvernement, Youssef Chahed.

Les fêtes de l’aïd qui clôturent le mois de ramadan auraient du être des journées paisibles ; mais le patron de la Kasbah, Youssef Chahed en a profité pour remanier la hiérarchie de la garde nationale.

Ce corps des forces de l’ordre, sous tutelle du ministère de l’Intérieur, semble être dans la mire de l’exécutif. Les observateurs ne peuvent s’empêcher d’établir un lien avec  l’éviction le 6 juin 2015  du ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, qui en était issu. Écarté après le naufrage d’une embarcation à Kerkennah, une campagne de dénigrement lui avait imputé un projet de coup d’État avec le soutien des Émirats.


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Dans une interview mise au point sur Mosaïque FM, l’ancien ministre avait non seulement démenti une tentative de putsch, mais aussi révélé des pratiques curieuses comme des arrestations non justifiées et des dossiers vides au sein de son département, tout en réfutant tout désaccord avec la Kasbah.

Défiance de l’exécutif

Il n’en demeure pas moins que l’exécutif montre sa défiance en opérant une refonte de la hiérarchie de la garde nationale. Le syndicat des forces de sécurité intérieure a indiqué qu’un important mouvement a été effectué dans la nuit du samedi 16 juin. Il concerne des directeurs des administrations et des chefs des différents districts de la Garde Nationale, ainsi que la direction antiterroriste, celle de la circulation et des frontières terrestres et touche également les districts du Kef, de Bizerte et des chefs de la Garde nationale de Tabarka et du Kef.

Faute d’informations plus précises, les réseaux sociaux prennent le relais et s’affolent. Beaucoup soulignent que le gouvernement Chahed opère souvent des nominations et des limogeages durant les week end, comme pour en amortir la portée, tandis que d’autres s’interrogent sur le bien fondé d’écarter des hommes à des postes clés de l’appareil sécuritaire dans un contexte d’instabilité politique et à la veille de la saison touristique.

D’autant qu’aucun communiqué de la présidence du gouvernement n’est venu étayer la décision de Youssef Chahed qui semble vouloir mettre sous sa coupe un corps qui a toujours affiché sa neutralité politique. Certains y voient une volonté de complaire à Ennahda, qui avait opéré une main mise sur les services de l’Intérieur quand il dirigeait la troïka gouvernementale de 2012 à 2013.

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