Analyses

Mondial 2018 – Joseph-Antoine Bell : « Face à l’Iran, le Maroc a craqué mentalement »

Les Marocains consternés près le but contre son camp de Bouhaddouz face à l'Iran, le 15 juin 2018 à Saint-Pétersbourg, en Russie. © Darko Vojinovic/AP/SIPA

Après l’Égypte, c’est le Maroc qui a craqué lors du temps additionnel sur un but contre son camp de Bouhaddouz (0-1). Pour Joseph-Antoine Bell, l’ancien gardien de but du Cameroun, les Lions de l’Atlas n’ont pas tenu le choc mentalement.

Jeune Afrique : En s’inclinant contre l’Iran, le Maroc s’est-il sévèrement compliqué la vie avant son deuxième match face au Portugal ?

Joseph-Antoine Bell : Ce but encaissé en tout fin de partie n’est pas le fruit du hasard. Il y a une faute, d’abord. Puis un coup-franc. Si on regarde bien l’action, Bouhaddouz marque effectivement contre son camp. Mais derrière lui, il y a deux joueurs iraniens, oubliés par la défense marocaine. Donc, si Bouhaddouz n’intervient pas, on peut supposer qu’un des deux Iraniens aurait pu marquer. Mentalement, le Maroc s’est effrité à la fin de la rencontre. Et pour la suite de la compétition, ce n’est pas bon signe alors qu’il faudra affronter le Portugal et l’Espagne. Les Lions se retrouvent au niveau que ses pires ennemis lui promettaient…

Les Marocains avaient pourtant bien démarré la rencontre…

C’est vrai. Ils ont mis du rythme, eu beaucoup d’occasions en début de match. Les Iraniens ont su faire le dos rond, laisser passer l’orage avant de prendre confiance. L’Iran a su se procurer des occasions. Techniquement, les Lions de l’Atlas ont parfois montré une certaine supériorité. Surtout au début. Mais comme ils ne parvenaient pas à marquer ce but, ils ont commencé à se crisper… Le Maroc s’était mis une grosse pression avant ce match. Il voulait absolument le gagner.

L’Iran a bien joué le coup tactiquement

On a senti une grosse nervosité à certains instants de la rencontre…

En effet. Les Iraniens ont parfois su provoquer, et les Marocains sont tombés dans le piège. Or, quand on veut aller le plus loin dans une compétition, il faut justement savoir garder son calme. Si le Maroc a perdu, alors qu’il pouvait au moins faire match nul, c’est qu’il a craqué mentalement. À ce niveau, cela ne pardonne pas.

Cette nervosité s’est traduite par un jeu très approximatif en seconde période…

Oui. Le Maroc n’a pas vraiment eu d’occasions franches lors des quarante-cinq dernières minutes. Il y a eu des mauvais choix, de la précipitation. L’Iran a bien joué le coup tactiquement. J’espère que les Lions sauront réagir lors de leur prochain match afin de préserver leurs chances. Mais aujourd’hui, leur situation est très compliquée…

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