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Économie

Larbi Mourdi, Addoha : « La mobilité géographique est au coeur de notre stratégie RH »

Larbi Mourdi prospecte dans les forums des grandes écoles françaises d'ingénieurs et de commerce. © Hassan Ouazzani/JA

Le leader de la promotion immobilière au Maroc axe sa politique de recrutement sur l'excellence des profils, portant une attention particulière aux étudiants subsahariens.

Addoha, le numéro un de la promotion immobilière au Maroc, mène actuellement 130 projets dans le royaume et est présent dans 20 villes. Il possède également des programmes de construction de logements dans sept pays d’Afrique subsaharienne.

Détenu majoritairement par la famille de l’homme d’affaires Anas Sefrioui, le groupe Addoha compte près de 33 000 employés (emplois directs et indirects) sur le continent. C’est dire l’importance de la gestion des ressources humaines, qui plus est dans un environnement complexe marqué par de constantes évolutions techniques et réglementaires.

Aux commandes de la direction des ressources humaines depuis 2012, Larbi Mourdi est en contact étroit avec le président Sefrioui. Cet ingénieur de formation, titulaire d’un MBA de l’université du Pays-de-Galles, a occupé différentes fonctions au sein des groupes ONA et Barid Al Maghrib. Pour Jeune Afrique, il revient sur la politique de recrutement menée par Addoha, la gestion des ressources humaines et les perspectives qui se présentent en Afrique subsaharienne.

Propos recueillis à Casablanca par Marie Cadoux

Jeune Afrique : Combien de salariés Addoha emploie-t-il au Maroc et sur le continent africain ?

Larbi Mourdi : Le groupe emploie 700 personnes directement, dont une trentaine en Afrique subsaharienne. Mais au total, ce sont près de 33 000 emplois directs et indirects que notre activité génère au Maroc et sur le continent.

Au Maroc, le secteur du BTP a perdu 12 000 emplois au cours du premier trimestre 2014. Le ciment accuse un recul de – 4,4 % au cours du premier semestre de cette année. Ces mauvais chiffres ont-ils un impact sur la politique de recrutement menée par le groupe et sur celle de Ciments de l’Afrique [Cimaf] et de Ciments de l’Atlas [Cimat] ?

Bien au contraire, car nous connaissons un fort développement, tant pour notre activité de promotion immobilière que cimentière et cela aussi bien au Maroc qu’en Afrique subsaharienne. D’ici à 2016, nous projetons de développer plus de quinze unités cimentières sur le continent. Quatre sont d’ailleurs déjà opérationnelles en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Gabon et en Guinée, et une cinquième le sera prochainement au Burkina Faso. À l’horizon 2020, 100 000 logements doivent être construits. Des conventions ont été signées avec différents pays d’Afrique pour mettre en place ces programmes de construction. C’est dire si nos besoins en compétences restent importants.

Justement, combien d’embauches seront réalisées en 2014 et pour quel type de postes ?

En 2014, une centaine de personnes seront recrutées pour mettre en oeuvre nos différents projets de développement, dont une vingtaine de cadres pour l’Afrique. Nous embauchons des ingénieurs en bâtiment avec une expérience de directeurs de projet, des directeurs techniques, des commerciaux et des jeunes diplômés qui rejoignent notre pépinière et sont formés à différentes fonctions, comme les achats, les ressources humaines, la finance, la coordination de projets.

Nous privilégions le plus possibles les compétences locales.

Rencontrez-vous des difficultés de recrutement ?

Nous ne nous réjouissons pas du fléchissement du secteur au Maroc, mais cette situation a cependant le mérite de nous faciliter la tâche en matière de recrutement. En tant que numéro un de la promotion immobilière au Maroc, nous bénéficions d’une image très positive auprès des candidats. La dernière étude réalisée auprès de 7 000 jeunes nous a d’ailleurs consacrés second employeur préféré. Il n’en reste pas moins que nous nous montrons extrêmement exigeants sur les profils que nous embauchons. Nous sommes à la recherche de personnes capables d’évoluer très vite, de changer de métier, de prendre des responsabilités toujours plus importantes. Nous voulons les meilleurs et des candidats prêts à se dépasser. Cette culture de l’excellence s’appuie sur une politique de gestion des carrières extrêmement pointue. Des ajustements sont faits en permanence car, chaque mois, une revue des cadres est établie en présence du président du groupe, Anas Sefrioui.

Les formations dispensées au Maroc répondent-elles aux besoins du groupe ?

Nous avons des relations étroites avec les grandes écoles d’ingénieurs européennes et marocaines, notamment avec l’École Mohammadia d’ingénieurs [EMI] de Rabat et l’École Hassania des travaux publics [EHTP], à Casablanca. Nous sommes toujours présents aux forums de recrutement organisés par ces deux établissements. En France également, nous allons dans les forums des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, notamment celui de l’École supérieure des travaux publics [ESTP], Arts et Métiers ParisTech et HEC.

Nous portons une attention particulière aux étudiants africains venus se former au Maroc. L’Agence marocaine pour la coopération délivre chaque année entre 50 et 100 bourses pour que les étudiants du continent puissent venir étudier au Maroc. Dans le cadre de notre politique d’expansion en Afrique, ces étudiants représentent un vivier de ressources très intéressant. Nous les suivons de près, car ils constituent les meilleurs ambassadeurs du Maroc en Afrique.

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Quels sont les moyens consacrés à la formation continue ?

Nous mettons régulièrement en place des plans de formation continue ambitieux. Le secteur de la promotion immobilière est extrêmement complexe et marqué par l’intervention de différents acteurs, dans un contexte réglementaire en constante évolution.

En 2014, nous avons concentré notre attention sur les commerciaux. Trois cents au total seront formés d’ici à la fin de cette année. Les profils que nous recrutons ne sont pas forcément issus du secteur du BTP : outre les techniques de vente, ils doivent faire preuve de capacité d’analyse de leur environnement, que ce soit sur le plan réglementaire ou technique. À partir de 2015, nous allons mettre en place un autre plan de formation pour une durée de trois ans, en phase avec la politique d’expansion du groupe.

Justement, le développement du groupe en Afrique vous a-t-il conduit à bâtir une politique d’expatriation des cadres marocains ou privilégiez-vous les ressources locales et le transfert de compétences ?

Depuis le début de l’année, les équipes africaines du groupe se mettent en place. Nous comptons seulement deux expatriés marocains et privilégions le plus possible les compétences locales qui ont étudié au Maroc, viennent se former chez nous et se montrent prêtes à repartir dans leur pays d’origine ou dans un autre pays d’Afrique subsaharienne.

Nous allons aussi à la rencontre de ces ressources dans le cadre de salons de recrutement organisés en Afrique. La période d’intégration, qui se déroule au Maroc, est extrêmement importante. Nous voulons que les valeurs du groupe soient portées de la même façon dans tous les pays où est implanté Addoha. Son développement en Afrique doit s’appuyer sur un socle commun. À terme, la mobilité géographique va représenter un levier important pour la politique de gestion des carrières.

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