Analyses

Nigeria – Italie : en 1994, les coéquipiers de Okocha éliminés en fin de match par Di Baggio (1-2)

Des fans de l'équipe du Nigeria, le 20 juin 2013 au Brésil. © Natacha Pisarenko/AP/SIPA

Pour leur première Coupe du monde, les Super Eagles se hissent en huitièmes de finale où ils mènent au score jusqu'à deux minutes de la fin du temps réglementaire face à l'Italie.

Une Coupe du monde se joue souvent sur des détails, sur des petits riens, qui échappent à toute rationalité, à toute stratégie : un exploit individuel, une décision arbitrale, un tir chanceux… Quand la tension est à son paroxysme, quand le score d’un match ne tient qu’à un fil, l’inattendu surgit, la douleur et la joie se mêlent en une fraction de seconde. C’est ce qui est arrivé à la magnifique équipe du Nigeria de 1994. Pour leur première Coupe du monde, les Super Eagles, qui ont remporté la CAN quelques mois plus tôt, frappent un grand coup en écrasant la Bulgarie (3-0) pour leur entrée en lice. Lors du match suivant, ils perdent de peu face à l’Argentine (1-2), l’un des favoris pour le titre, avant de battre la Grèce (2-0) et de valider leur qualification en huitièmes de finale.

« La plupart de nos joueurs évoluent en Europe. Donc, nous étions confiants par rapport à notre niveau en club », racontait à l’issue du premier tour l’attaquant Rashidi Yekini à un envoyé spécial du New York Times.

Le carton rouge de Zola

Face à eux, ce 5 juillet 1994, se dresse l’immense Italie de Roberto Di Baggio, Ballon d’or 1993. Laborieuse en phase de poule, la Squadra Azzura reste redoutable (elle s’inclinera face au Brésil en finale). Contre le cours du jeu, et à la surprise générale, ce sont les Super Eagles qui ouvrent pourtant le score par Emmanuel Amunike dans le stade américain de Boston. Un but qui donne du courage aux hommes du sélectionneur néerlandais Clemens Westerhof. L’Italie recule et fait le dos rond jusqu’à la mi-temps. Au retour des vestiaires, la Squadra azzura reprend le contrôle du jeu. Mais, le gardien nigérian Peter Rufai ne laisse rien passer. Puis, à la 76e minute, coup du sort pour l’Italie : son attaquant Gianfranco Zola, frustré, bouscule Augustine Eguavoen. Carton rouge pour l’Italien. Menée au score, la Squadra Azzura est réduite à 10. Le Nigeria semble se diriger tout droit vers les quarts de finale, une performance alors réalisée par une seule équipe africaine dans l’histoire : le Cameroun de Roger Milla et Omam-Biyik, en 1990.

Nous nous sommes déconcentrés

C’est là que les Nigérians prennent une leçon du très haut niveau. Quand tout semble perdu, que la puissance physique du milieu de terrain des Super Eagles, avec Jay-Jay Okocha et Sunday Oliseh, tient en échec les Italiens, le talent d’un seul homme, Roberto Di Baggio, se conjugue à la chance, à la réussite. À la 88e, l’avant-centre de la Juventus, sauve les siens en envoyant au ras du poteau gauche une offrande de son coéquipier, Roberto Mussi. Le Nigeria est assommé et ne s’en remettra pas. À la 102e minute, lors des prolongations, Di Baggio double la mise en transformant un penalty.

« Le match n’est pas terminé tant que l’arbitre n’a pas sifflé. Nous avions le contrôle du ballon, nous faisions de la passe à dix et nous nous sommes déconcentrés. Avec des joueurs comme Baggio en face, des erreurs de ce genre se paient cash », déclarait tristement Finidi George, milieu du terrain du Nigeria, au coup de sifflet final.

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