Entreprises & marchés

Maroc : les salariés de Centrale Danone demandent l’arrêt du boycott pour sauver leurs emplois

Centrale Danone prévoit une perte nette de 150 millions de dirhams (13,5 millions d'euros) au premier semestre 2018 suite au boycott. © DR

Près de 2 000 ouvriers de Centrale Danone ont protesté mardi devant le Parlement marocain. Ils s'alarment des conséquences de ce mouvement sur leurs postes et toute l'économie.

Rien n’y fait. Ni les appels à la raison du gouvernement, ni les grosses pertes prévisionnelles affichées par une des sociétés boycottées. Le mouvement de boycott des trois marques commerciales (le lait Centrale Danone, le carburent Afriquia et l’eau minérale Sidi Ali, de l’entreprise Eaux minérales d’Oulmès) continue de plus belle deux mois après son déclenchement sur les réseaux sociaux par des groupes anonymes. Il poursuit sa propagation dans les coins reculés du Maroc contre l’oligarchie et la vie chère.

Ce mardi 5 juin, près de 2 000 ouvriers de Centrale Danone ont observé un sit-in devant le Parlement à Rabat quelques heures après la rupture du jeûne. Encadrés par la Confédération démocratique du travail (CDT) et l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM), ils ont demandé l’arrêt de la campagne de boycott qui menace leurs emplois. « Nous supplions nos compatriotes d’arrêter ce mouvement. Nous sommes tous Marocains, si ça continue, nous allons perdre notre gagne-pain », s’indigne un syndicaliste de la CDT contacté par Jeune Afrique.

Dégâts collatéraux

La veille, lundi 4 juin, Centrale Danone a publié un avertissement concernant ses résultats, prévoyant une perte nette de 150 millions de dirhams (13,5 millions d’euros) au premier semestre 2018, soit une baisse de 20 % par rapport à la même période l’année dernière. Obligée de réduire ses approvisionnements en lait auprès des agriculteurs marocains (-30 %), Centrale Danone a aussi annoncé un plan social. Intérimaires et petits exploitants sont les premiers exposés.

Au milieu des manifestants, le ministre des Affaires générales et de la gouvernance, l’islamiste Lahcen Daoudi, qui multiplie les appels au calme ainsi que les réunions au Parlement pour trouver une sortie de crise, scandait avec eux : « C’est une honte, l’économie est en danger ».

Dépassé par l’ampleur du mouvement, il a déclaré au Parlement il y a quelques semaines que cette campagne de boycott allait faire fuir du Maroc la multinationale française Danone. Ce que cette dernière a vite démenti, réitérant son engagement à rester dans le pays.

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