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Mondial 2018 : quelle sélection africaine peut créer la surprise ?

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Jamais une équipe africaine ne s'est qualifiée en demi-finale d'une Coupe du monde. On a demandé à deux anciens internationaux quelle sélection a le plus de chance à leurs yeux de créer la surprise en Russie.

Si, à l’heure de la Coupe du monde, chacun soutient son équipe favorite, les fans africains de football sont beaucoup à avoir un rêve qui dépasse les sentiments patriotiques : voir une équipe du continent atteindre pour la première fois les demi-finales d’un Mondial. Cette terra incognita, plusieurs générations dorées ont échoué à l’atteindre par manque de chance ou d’expérience et, de manière cruelle, toujours dans les prolongations des quarts de finale : le Ghana d’Appiah avait vu l’Uruguayen Luis Suarez stopper de ses mains le cours de l’histoire, le grand Sénégal de 2002 était tombé contre une Turquie plus roublarde et l’immense Cameroun de Roger Milla avait finalement cédé contre l’Angleterre.

En Russie, qui de la Tunisie, de l’Égypte, du Nigeria, du Sénégal ou du Maroc peut envoyer l’Afrique dans le dernier carré de la compétition ? Nous avons demandé à deux anciens internationaux, le Togolais Robert Malm et le Malien Brahim Thiam, tous deux consultants sur la chaîne BeIn Sports, diffuseur du Mondial, de nous donner leur avis.

Qu’a-t-il manqué aux sélections africaines dans le passé?

« Les équipes qualifiées en Russie doivent éviter ce que nous avons connu avec le Togo en 2006 », commente Robert Malm. Pour l’ancien attaquant de Montpellier, les problèmes extra-sportifs autour des sélections du continent gâchent leur préparation. « Il y a trop souvent l’ingérence de dirigeants ou de ministres dans la composition de l’équipe ou des histoires de primes qui polluent le travail du sélectionneur et des joueurs. On avait une génération en or au Togo avec Adebayor, Dossevi, Romao… et on est passé complètement à côté. Pour que le talent et le potentiel d’une équipe africaine s’expriment, il faut de la discipline. Jamais une équipe africaine n’est allée loin en Coupe du monde sans une discipline de fer. En 2002, Robert Metsu, c’était le boss du Sénégal. Il avait de la rigueur et de la souplesse, mais c’était toujours lui qui décidait et les joueurs lui ont rendu ça », ajoute t-il.

Il y a trop souvent l’ingérence de dirigeants ou ministres

Pour Brahim Thiam, les équipes africaines, aussi talentueuses soient-elles, souffrent également d’un manque de vécu au plus haut niveau. «Niveau talent, les meilleurs joueurs africains n’ont pas de complexes à avoir. Ils jouent dans les plus grands clubs. Sadio Mané était l’attaquant de Liverpool en finale de la Ligue des champions… Mais le seul bémol, c’est l’expérience. Le petit truc qui fait la différence dans les matchs décisifs». Dans les minutes brûlantes d’une prolongation d’un quart de finale de Coupe du monde par exemple…

Quelle sélection a le plus gros potentiel ?

Sur le papier, l’Égypte est l’équipe africaine qui semble la plus forte. Toute la planète s’impatientait de voir Mohamed Salah, sans doute le meilleur footballeur sur la scène européenne cette saison, briller avec l’Égypte au Mondial. Mais la blessure à l’épaule de l’attaquant de Liverpool en finale de la Ligue des champions pourrait le priver du premier match, voire même de toute la compétition. « L’Égypte a un joueur qui peut la tirer vers le haut. Je les vois se qualifier dans leur poule avec lui, mais sans lui c’est une autre histoire », analyse Robert Malm. « L’Égypte, c’est l’équipe en pleine progression. Le coup dur, c’est qu’elle devra sûrement faire sans son meilleur joueur », corrobore Brahim Thiam.

Hervé Renard va être la clé pour le Maroc

Les espoirs de demi-finale sont donc peut-être à reporter sur d’autres épaules. Les Lions de l’Atlas ont la faveur des pronostics. « Le Maroc a un groupe qui a un vécu de trois ans, avec un état d’esprit inculqué par Hervé Renard. Ils ont un groupe difficile, mais le Portugal ne me paraît pas imbattable », juge Brahim Thiam. L’entraîneur français, qui a déjà emmené la Côte d’Ivoire et la Zambie au sacre en Coupe d’Afrique des nations, apparaît comme le facteur X. « Pour moi dans cette équipe du Maroc, il y a deux éléments déterminants : Younès Belhanda sur le terrain et Hervé Renard sur le banc, analyse Robert Malm. Hervé Renard, quand tu vois qu’il a offert la victoire à la Côte d’Ivoire à la CAN avec la génération ivoirienne la moins forte depuis longtemps, il va être la clé pour le Maroc ».

Le Sénégal soulève également l’enthousiasme de l’ancien international togolais. « Il y a un collectif très fort dans cette équipe. L’entraîneur Aliou Cissé a fait un très gros travail. Il a réussi à prendre des jeunes joueurs pour les amener au plus haut niveau. Après 2002, le Sénégal a payé une mauvaise gestion de ses dirigeants et a aussi eu un trou générationnel. Ils ont réussi à tourner la page pour revenir au premier plan. Je crois qu’ils peuvent créer à nouveau une surprise », dit Robert Malm.

Plus le niveau s’élève et plus le football est une affaire de détails. Pour se hisser en demi-finale, il faut beaucoup de talent et une bonne part de chance : pour que le ballon rebondisse du bon côté du poteau et que l’erreur d’arbitrage soit en votre faveur. Une vérité de l’instant que les pronostics ne pourront jamais prévoir.

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