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Olivier Kamitatu

Président de l'Assemblée nationale de la RD Congo

C’est un homme confiant qui est passé au siège de Jeune Afrique/l’intelligent, début mai. À l’inverse de nombreux observateurs, Olivier Kamitatu, 40 ans, président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) depuis le 22 août 2003, croit à la capacité de son pays d’organiser des élections législatives et présidentielle en juin et juillet 2005. Et insiste sur les efforts de la RDC sur le chemin de la paix, depuis la signature à Pretoria de « l’accord global et inclusif » du 17 décembre 2002.
« Les acteurs de la transition ont jusqu’ici réussi à surmonter les couacs, avec l’aide de la communauté internationale. Nous avançons sur les quatre principaux chantiers : la restauration de l’autorité de l’État, la définition du cadre juridique des élections, l’organisation de consultations transparentes, l’assainissement de l’économie », assure-t-il. Nous ne recevons pas un cacique du régime de Joseph Kabila, mais l’un des cadres du Mouvement de libération du Congo (MLC), une faction politico-militaire entrée en rébellion contre Kinshasa en septembre 1998 et intégrée dans les institutions de la transition à la faveur du Dialogue intercongolais.

Olivier Kamitatu est un fidèle du leader du MLC, Jean-Pierre Bemba, avec qui il a partagé les bancs de l’Institut catholique des hautes études de commerce de Bruxelles. Étudiants en option « problèmes économiques des pays en développement », ils obtiendront tous deux leur diplôme en 1986. Revenu au pays en 1988, Kamitatu rejoindra en mai 1999 la rébellion dirigée par Bemba après un brillant parcours professionnel : inspecteur des finances, chargé de mission au cabinet de Mobutu Sese Seko, directeur général du Fonds agricole, directeur d’un institut privé de sondage…
Une ascension rapide, sans doute pas étrangère au fait qu’il est « fils de ». Son père, Cléophas, aujourd’hui sénateur, a en effet été plusieurs fois ministre sous Mobutu. Tout comme Justin-Marie Bomboko, père de Thérèse, son épouse.

« Fils à papa » comme Bemba, il opte pour l’engagement politique au détriment d’une vie de golden boy. Porté à la tête de la branche politique du MLC, il dirige la délégation du mouvement au Dialogue intercongolais, de Lusaka en 1999 à Sun City en 2003, avant de se retrouver à la tête de l’Assemblée nationale de transition.
Mal préparé à diriger un Parlement hétéroclite de 500 membres issus de huit familles politiques, il affronte sa mission avec quelque appréhension : « Le plus difficile est à venir. Il faut veiller à l’adoption dans les meilleurs délais du projet de Constitution, mais aussi réussir à voter l’amnistie, la loi sur la nationalité et le code électoral sans dérapage. De façon à ne pas affoler la population qui suivra les travaux en direct à la télévision. »
Pour l’heure, le MLC a les yeux rivés sur les futures échéances et vibre au rythme de son congrès, prévu en septembre prochain, qui fixera la stratégie à suivre. Sera-t-il candidat à la candidature à la présidence de la République ? Kamitatu préfère se concentrer sur les priorités des institutions de la transition : l’organisation d’élections en 2005, et l’achèvement du programme en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en 2006.
Il a d’autant plus le coeur à l’ouvrage qu’il apprécie de travailler avec Joseph Kabila : « J’ai avec le chef de l’État des rapports courtois, de franche collaboration. Nous nous appelons régulièrement. » Est-il tombé sous le charme ? Pas au point de perdre de vue l’enjeu des futures élections, ni de baisser la garde : « Nous avons fait l’expérience douloureuse de Laurent-Désiré Kabila. Son fils reste une énigme que nous découvrons au fil du temps. Il applique à la lettre l’accord global. Mais nous devons rester vigilants. »

Comme pour rallier la communauté internationale à cette attitude de méfiance, Kamitatu a mis à profit sa visite privée à Paris, fin avril-début mai, pour s’entretenir de la transition avec Michel de Bonnecorse, le « monsieur Afrique » de l’Élysée, Abdou Diouf, le secrétaire général de la Francophonie, Nathalie Delapalme, conseillère au Quai d’Orsay, Éric Raoult, vice-président de l’Assemblée nationale, et Laurent Fabius du Parti socialiste (PS, opposition).

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