Économie

Maroc : Salaheddine Mezouar nouveau patron des patrons

Salaheddine Mezouar a été élu mardi 22 à la tête de la principale organisation patronale du Maroc, où il succède à Miriem Bensalah Chaqroun pour un mandat de trois ans. Le credo qu’il affiche : mettre son expérience politique au service des patrons et relever le défi de l’emploi.

Mis à jour le 22 mai 2018 à 18:56

Salaheddine Mezouar, en mai 2013, favori dans la course à la présience du CGEM. © Hassan OUAZZANI Pour Jeune Afrique

C’est devant une salle comble que Salaheddine Mezouar et son collistier, Faïçal Mekouar, ont été élus en tant que, respectivement, président et vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), mardi 22 mai. Le duo a raflé 77,96% des suffrages exprimées, reportant l’élection haut la main sur son challenger Hakim Marrakchi et sa colistière Assia Benhida Aïouch.

« C’est un moment d’histoire », a lancé Mezouar juste après la proclamation des résultats. « Nous allons aborder une nouvelle étape dans laquelle on doit se retrousser les manches, car les défis sont multiples. »

« La CGEM est sortie gagnante de ce processus électif « , s’est félicité pour sa part Fayçal Mekouar, qui affrime vouloir désormais « encourager la formation et l’éducation dans [son] pays ».

Ancien ministre et hommes de réseaux

Ancien ministre des Affaires étrangères et président de la Conférence sur le Climat Cop 22, c’est un diplomate qui vient d’être élu à la tête de la CGEM, doublé d’un fin politicien. Il a dirigé le Rassemblement national des indépendants (RNI, majorité) de 2010 à 2016 avant de céder sa place à l’homme d’affaires Aziz Akhannouch.

Derrière la cause de l’entreprise, il y a la cause du pays, du développement

Homme de réseaux, il a mené une campagne remarquée dans différentes régions du Maroc pour se faire élire. Le tandem concurrent, formé du duo Marrakchi-Benhida, n’a pas économisé ses efforts lors de cette campagne.

À 65 ans, Mezouar a déjà dirigé des sociétés mais n’a jamais été patron d’entreprise. Cela ne l’a cependant pas empêché d’emporter les voix des patrons marocains. Aussitôt élu, il s’est engagé à mettre en oeuvre le programme qu’il a proposé, avec en priorité la promesse de mettre au service des entreprises son expérience politique. « Derrière la cause de l’entreprise, il y a la cause du pays, du développement. Il y a l’envie d’offrir un emploi à chaque marocain », a-t-il déclaré.