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Cet article est issu du dossier «Crise en Libye : accord à Paris pour des élections le 10 décembre»

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Diplomatie

Crise en Libye : les pistes d’une réconciliation adoptées à Dakar

Un homme libyen crie des slogans contre les milices basées à Tripoli, en Libye, en 2013. © Manu Brabo/AP/SIPA

Pour sortir de la crise libyenne qui secoue le pays depuis la chute de Kadhafi en 2011, une vingtaine de dirigeants libyens ont conclu le 11 mai à Dakar, après trois jours de réflexion, un accord remettant les cartes de la paix aux Libyens.

Ils sont 21 et comptent parmi les figures les plus influentes et les plus représentatives de toutes les tendances politiques et sociales qui prévalent en Libye. Parmi eux des « Septembre », du nom donné à ceux qui se revendiquent de la révolution menée par Mouammar Kadhafi en septembre 1969, et des « Février », portés par le Printemps arabe en 2011, comme les anciens ministres Ajmi al-Atiri et Khalifa El Ghouil. Avec eux aussi, Abdelhakim Belhaj, ex-chef jihadiste devenu un homme politique en vue. À l’initiative de la Fondation de Brazzaville présidée par Jean-Yves Ollivier, ils se sont retrouvés à Dakar le vendredi 11 mai pour trois jours de réflexion sur les conditions de restauration de la paix dans leur pays.


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Les participants de cette rencontre, qui ont discuté de l’avenir de ce territoire déchiré par un conflit interne depuis la chute de Khadafi en 2011, se sont déclarés favorables à une initiative qui ne leur est pas imposée par les Occidentaux. « Elle a lieu à Dakar, en Afrique ; nous nous sentons en confiance sans nous demander quelles sont les intentions de ceux qui nous viennent en aide », se sont accordés à dire les protagonistes que tout devrait séparer.

À vous de jouer, c’est votre partie », a répliqué Jean-Yves Ollivier

Le président sénégalais Macky Sall a d’ailleurs accueilli favorablement la proposition, élaborée par la Fondation Brazzaville, de remettre les cartes de la paix en mains propres aux Libyens à l’occasion d’assises à Dakar.

Une réconciliation inter-libyenne

Il a donné le coup d’envoi des discussions qui ont été suivies par Moustapha Niasse, membre d’honneur de la Fondation Brazzaville et président de l’Assemblée Nationale sénégalaise. Il n’a pas été question d’ingérence mais du traitement du conflit libyen comme une question libyo-libyenne. « À vous de jouer, c’est votre partie », a répliqué Jean-Yves Ollivier quand un participant lui a suggéré de renforcer l’appui apporté par la fondation qui, sans être médiatrice, offre un cadre et des conditions pour que tous les intervenants puissent discuter, tenter de se rapprocher avec pour objectif de trouver un terrain d’entente.

Les questions du passé, les vieilles rancœurs et les règlements de compte attendrons », a précisé Jean-Yves Ollivier

« Il s’agit de débroussailler des pistes pour une réconciliation. Les questions du passé, les vieilles rancœurs et les règlements de compte attendrons », a précisé Jean-Yves Ollivier, tandis que Oussema Saïd, représentant de la société civile libyenne, estimait qu’il est nécessaire de comprendre les divergences et le pourquoi de cette rencontre après sept ans de conflit.

« La force du dialogue est supérieure à toutes les autres forces », a rappelé Macky Sall. Dès la première journée, les participants, représentatifs d’un large éventail de courants politiques en Libye, qui refusaient, il y a encore quelques mois, de s’adresser la parole, ont effectué ensemble la prière du vendredi avant de s’organiser et préparer leur ordre du jour de manière démocratique : 10 minutes de temps de parole chacun pour sérier les priorités.

Seul bémol à cette initiative, qui semble bien partie, le refus des représentants du maréchal Khalifa Haftar qui, bien que présents à Dakar, ont refusé de participer à la rencontre, tandis que Béchir Saleh Béchir, chef de file des « Septembre » et ex-trésorier de Kadhafi, apportait son soutien à cette rencontre par un message.

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