Start-up

Sénégal : Weebi planche sur une place de marché pour les restaurateurs

Une commerçante dakaroise avec la tablette Weebi. © DR / Weebi

Spécialisée dans la distribution de caisses enregistreuses électroniques, la start-up dakaroise franchit une étape supplémentaire. D’ici fin juin, Weebi va lancer la phase pilote d’une "marketplace" rassemblant grossistes et restaurateurs.

Après un démarrage délicat, Weebi, enregistrée à Dakar fin 2015, a triplé depuis décembre 2017 le nombre de points de vente équipés de sa caisse enregistreuse tactile. Une trentaine de commerçants (grossistes, semi-grossistes) de Dakar et sa banlieue utilisent désormais cette caisse vendue à 200 ou 400 euros selon le format. La start-up table désormais sur un rythme d’une dizaine de caisses écoulées par mois. Une application mobile est également disponible.

Son fondateur, le jeune entrepreneur français Pierre Gancel, et ses associés sénégalais, Papa Macodou – « Pisco » – Faye, directeur technique, et Sidy Dia, directeur commercial, veulent désormais créer une nouvelle passerelle entre vendeurs et clients. Weebi entend créer une place de marché (« marketplace ») ciblant dans un premier temps d’une part les poissonniers et les mareyeurs de la région de Dakar et, d’autre part, des restaurateurs de la capitale sénégalaise.

Gestion des stocks et suivi des prix

« On prépare un pilote pour faire la preuve d’usage, notamment avec des restaurants. Aujourd’hui, ils ont directement accès aux fournisseurs, mais il y des problèmes de rupture d’approvisionnement et de gestion de stocks, et les prix sont relativement élevés », explique Pierre Gancel, fondateur de Weebi, ancien du site de e-commerce C-discount et du cabinet de conseil Dalberg à Dakar.

C’est très novateur, pas seulement pour le Sénégal. Le marché de gros de Rungis, par exemple, ne dispose pas de marketplace

Grâce à la mise à jour régulière des stocks réalisées via la tablette et l’application Weebi, les vendeurs et leurs clients disposeront sur cette marketplace de plus de choix et de transparence quant à l’approvisionnement, et des prix plus bas, avancent les promoteurs de la start-up dakaroise.

Si plusieurs sites de e-commerce, tels AfriMarket, et de cash-to-goods, comme Niokobok, ciblent les particuliers au Sénégal, mais Weebi présente sa future plateforme comme la première véritable marketplace du pays. « C’est très novateur, pas seulement pour le Sénégal. Le marché de gros de Rungis [en Île-de-France], par exemple, ne dispose pas de marketplace, les gens s’appellent au téléphone pour vérifier l’état des stocks », souligne Pierre Gancel.

Lever un million d’euros d’ici septembre

Weebi est domicilié depuis décembre 2017 dans l’espace de co-working Jokkolabs, fondé par Karim Sy, par ailleurs membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique d’Emmanuel Macron.

La réussite de la phase pilote va conditionner les prochaines phases de la croissance de Weebi. « Pour grossir, nous comptons introduire le paiement avec l’intégration de l’API [interface de programmation] de Yup, le portefeuille électronique de la Société générale. Nous allons également fonctionner par branches, avec par exemple 200 utilisateurs sur une marketplace dédiée, et par commodités : fruits et légumes ou céréales à Dakar, poissons et fruits de mer à Conakry… », dévoile le patron de Weebi.

Pour réussir son business plan, Weebi devra mobiliser près d’un million d’euros auprès de capital-investisseurs et business angels, en France et sur le continent. Mi-avril, une délégation de la start-up se trouvait à Paris pour présenter son projet à de futurs investisseurs, en marge de TagPay World, la conférence organisée par TagPay, spécialiste de la banque digitale et fournisseur de Société générale et du burkinabè Coris Bank. Weebi table sur la signature des premiers protocoles d’accord avec ses futurs « business angels » d’ici septembre.

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