Vie des partis

RDC : pourquoi le camp Kabila salue le « comportement » de Félix Tshisekedi

Joseph Kabila, président de la RDC, le 29 juin 2010 à Kinshasa. © Olivier Pollet/AP/SIPA

Quarante-huit heures après le meeting de Félix Tshisekedi, la Majorité présidentielle (MP) a salué jeudi le « comportement » de ce nouveau chef du principal parti de l'opposition en RDC. Un rapprochement se dessine-t-il entre les deux camps ?

Le camp du président Joseph Kabila est-il en train d’amadouer Félix Tshisekedi ? En tout cas, le nouveau leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti emblématique de l’opposition congolaise, était au cœur de la conférence de presse organisée ce jeudi 26 avril par la Majorité présidentielle (MP), à Kinshasa.

« Le comportement de l’UDPS avant, pendant et après son meeting [du 24 avril] est un pas dans la bonne direction », explique dans la foulée André-Alain Atundu Liongo à Jeune Afrique. Le porte-parole de la MP se dit ainsi « satisfait » par la « trêve politique » décrétée pour les obsèques annoncées d’Étienne Tshisekedi, leader historique de l’UDPS décédé le 1er février 2017. Après plusieurs atermoiements, un accord pour le rapatriement de sa dépouille dans la capitale congolaise a enfin été conclu entre le gouvernement, son parti et sa famille biologique.

Vers des élections apaisées ?

« Le sort du processus électoral est aujourd’hui scellé, se réjouit déjà Atundu Liongo. Les parties prenantes doivent continuer dans cet élan pour donner au peuple congolais la chance d’avoir des élections apaisées d’ici le 23 décembre. » Cela passerait-il par la nomination de Félix Tshisekedi comme Premier ministre ? Le principal intéressé dit n’être « ni demandeur ni preneur » du poste. « Nous n’avons jamais abordé cette option au sein du bureau politique de la MP », complète Atundu Liongo.

Ces dernières années, le président Kabila, dont le second mandat est arrivé à terme depuis fin 2016, est souvent parvenu à reprendre la main, en jouant la carte de la division de l’opposition. Entre 2014 et 2017, plusieurs opposants ont ainsi été débauchés en échange de postes ministériels.

La décrispation politique, c’est aussi la fin du dédoublement des partis politiques

En attendant, la MP serait-elle prête à prendre d’autres mesures de décrispation politique, notamment celles liées à la libération des prisonniers politiques et au retour des exilés, comme l’a recommandé Félix Tshisekedi lors de son meeting populaire ? « Il [Félix Tshisekedi] a surtout fait un amalgame rhétorique. Car personne n’interdit à Antipas Mbusa Nyamwisi, Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu ou Francis Kalombo de rentrer au pays », esquive Atundu Liongo.

Pour lui, « la décrispation politique, c’est aussi la fin du dédoublement des partis politiques, rendu possible grâce aux efforts du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) », une structure boudée par une franche de l’opposition qui a été mise en place début 2017 à l’issue du compromis politique de la Saint-Sylvestre.

Plus d’émissaire spécial de la SADC

Au cours de son point de presse, la MP s’est en outre félicitée de la dernière position prise par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à Luanda, de renoncer à sa décision initiale de dépêcher un émissaire spécial en RDC. « C’est une reconnaissance méritée des efforts du président Kabila pour baliser la voie vers des élections apaisées », soutient Atundu Liongo.

Mais, sur le terrain, beaucoup d’obstacles – politiques, techniques, financiers – restent à relever avant l’organisation des scrutins provinciaux, législatifs et présidentielle le 23 décembre.

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