Politique

Mali : l’intégration des ex-rebelles est une question « résolue », affirme le Premier ministre

Des troupes maliennes aux côtés d'ancien rebelles, lors d'une patrouille commune en février 2017 près de Gao. © Baba Ahmed/AP/SIPA

Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga a procédé ce vendredi à la traditionnelle déclaration de politique générale devant les députés de l’Assemblée nationale. Une déclaration très attendue à quelques mois des élections présidentielles, notamment sur l’organisation du scrutin et la réinsertion des ex-rebelles, stipulée par l'accord de paix.

Dans un discours de 20 pages, le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga, nommé le 30 décembre dernier, a passé en revue les grands axes de la politique du gouvernement devant les députés de l’Assemblée nationale, vendredi 20 avril. En plus des chantiers concernant l’eau, l’électricité, l’éducation, la santé, la coopération, la lutte contre la corruption, le Premier ministre malien était notamment attendu sur deux dossiers : l’application de l’accord de paix signé en 2015 et l’organisation des élections prévues le 29 juillet prochain.

Concernant ce premier dossier, l’accord de paix stipule en effet la réinsertion des ex-rebelles soit dans l’armée malienne – en leur octroyant des grades, des postes de commandement, etc. -, soit dans la vie civile, en leur créant des activités génératrices de revenus leur permettant de reprendre leur vie civile.

Le redéploiement des forces armées bientôt effectif

Soumeylou Boubeye Maïga a déclaré que la question des anciens combattants était désormais résolue. « Nous avons résolu une question qui a longtemps fait débat. En effet, le consensus a été obtenu sur les critères d’intégration dans les différents corps [armés, ndlr] et sur les principes d’éligibilité au programme de réinsertion », a ainsi annoncé le Premier ministre malien.

Le gouvernement malien a réservé 22 % du budget de l’État à la Défense et à la Sécurité

Le redéploiement des forces armées, dans le cadre du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), sera ainsi effectif d’ici la fin du mois de mai prochain. Le volet Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), qui concernait initialement seulement les groupes armés signataires de l’accord de paix, sera élargi « aux groupes armés non-signataires de l’accord », ainsi qu’aux « éléments de groupes d’autodéfense qui renoncent à la violence », a souligné le Premier ministre malien. Il a également annoncé qu’un processus de dialogue et d’apaisement a été entamé depuis le mois de février dernier entre le gouvernement malien et les groupes armés dans le Centre. Le gouvernement malien a ainsi réservé 22 % du budget de l’État à la Défense et à la Sécurité.

Soumeylou Boubeye Maïga a également détaillé le projet de loi controversé proposant des mesures d’amnistie ou de cessation de poursuite contre certains membres de groupes armés. « Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes sexuels et tout autre crime réputé imprescriptible sont exclus du champ d’application du texte », a précisé le Premier ministre.

Concernant le fonctionnement des autorités intérimaires et des Collèges transitoires prévus par l’accord de paix, le Premier ministre malien a annoncé le transfère de 30 % des compétences et des ressources de l’État aux collectivités territoriales, d’ici la fin 2018. Une mesure qui devrait permettre aux régions du Nord de jouer pleinement leur rôle dans l’organisation des élections présidentielles à venir et de pouvoir faire fonctionner les services sociaux de base.

Carte d’électeur avec photo

Le second dossier très attendu concernait l’organisation des élections présidentielles prévues le 29 juillet prochain. La bonne organisation du scrutin inquiète en effet l’opposition malienne, qui doute de sa tenue à la date prévue. À deux mois des élections, les cartes d’électeur ne sont toujours pas arrivées et les membres des bureaux de vote ne sont toujours pas formés. Les membres de l’opposition s’inquiètent également de la transparence des élections, notamment sur les processus de validation des votes par le bureau de vote par la Cour constitutionnelle, qui n’est, par exemple, pas obligée de justifiait son choix en annulant certains votes dans un bureau.

Des mesures ont ainsi été prises par le gouvernement. Le Premier ministre malien a annoncé l’introduction des cartes d’électeur avec photo, qui remplaceront désormais les cartes Nina (numéro d’identification nationale), utilisées depuis 2013. Les cartes Nina pourront cependant être utilisées dans les zones où les cartes n’auront pas pu être distribuées.

Le gouvernement malien a également annoncé la limitation des votes par procuration et la suppression des votes par anticipation. Au lieu des 100 électeurs nécessaires à l’ouverture d’un bureau de vote dans une circonscription, il sera possible d’en ouvrir un dès 50 électeurs.

« Ces innovations doivent rassurer aussi bien les électeurs que les compétiteurs », espère Soumeylou Boubeye Maïga.

La séance de ce vendredi a été suspendue et reprendra lundi 23 avril avec les traditionnelles questions-réponses. Une séance qui devrait être une formalité pour le Premier ministre malien, puisque l’Assemblée nationale a validé ce jeudi 19 avril la loi électorale proposée par le gouvernement avec 93 voix pour, 2 contres et 18 abstentions.

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