Diplomatie

« Mauvais traitements » de migrants maliens en Algérie : Bamako dément le « rappel » de son ambassadeur

Des migrants maliens secourus en mer Méditerranée le 14 janvier 2017. © Olmo Calvo/AP/SIPA

Les chancelleries des deux pays ont démenti les informations faisant état du « rappel pour consultation » de l’ambassadeur et du consul général du Mali à Alger. Les deux diplomates sont pourtant bel et bien attendus dans les prochains jours à Bamako, pour une réunion concernant le traitement des migrants maliens en Algérie.

L’information a fait le tour des réseaux sociaux, jeudi 19 avril* : le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Hubert Coulibaly, aurait convoqué à Bamako, la veille, l’ambassadeur du Mali à Alger, Naini Touré, et le consul malien à Tamanrasset, Abdrahmane Gala. Un « rappel pour consultation » qui a été démenti, dans la soirée de jeudi, par les chancelleries des deux pays. Les deux diplomates maliens ont pourtant bel et bien été convoqués à Bamako, où ils sont attendus dans les prochains jours, a confirmé à Jeune Afrique Alpha Cissé, chargé de la communication au ministère malien des Affaires étrangères, qui préfère parler « d’invitation », plutôt que de « rappel ».

Démentis officiels

Alger a d’abord implicitement démenti l’information, en annonçant que Sofiane Mimouni, directeur général Afrique au ministère algérien, avait reçu Naini Touré le 19 avril. « L’entretien a porté sur les relations bilatérales et les perspectives de leur renforcement », a affirmé Abdelaziz Benali Cherif, porte-parole du ministère, dans une déclaration relayée par l’APS, l’agence de presse officielle algérienne.

Le soir même, c’est le ministère malien des Affaires étrangères qui s’est fendu d’un communiqué officiel pour affirmer que « contrairement aux informations véhiculées par un certain nombre de médias et de réseaux sociaux, il n’a jamais été question de rappel ni de l’appel en consultation de l’ambassadeur du Mali en Algérie et du consul général à Tamanrasset. »

Rappelant « les efforts inlassables » de l’Algérie pour « faire aboutir le processus de paix au Mali » – référence au rôle joué par Alger dans la conclusion de l’accord de 2015 –, le ministère insiste cependant sur la tenue prochaine, à Bamako, d’une réunion entre les diplomates maliens en poste à Alger et leurs homologues algériens en poste au Mali « pour examiner toutes les questions d’intérêt commun et particulièrement celles relatives à la migration et aux affaires consulaires ».

La question des migrants avait justement été présentée comme la raison du « rappel pour consultation » des diplomates maliens. Ceux-ci étaient supposés avoir été rappelés à Bamako pour évoquer avec le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Hubert Coulibaly, et Abderrahmane Sylla, le ministre des Maliens de l’Extérieur, la question des « mauvais traitements que subissent les Maliens en Algérie », selon une source de Jeune Afrique au ministère des Maliens de l’extérieur.

Des migrants maliens blessés

« Nous avons reçu des vidéos dans lesquelles nous voyons des policiers algériens frapper des migrants maliens en Algérie. Nous avons vu des images de nos compatriotes blessés, torturés, et nous voulons savoir de quoi il s’agit », précisait jeudi cette même source.

Depuis quelques mois, le gouvernement malien a reçu plusieurs témoignages faisant état de maltraitances et de négligences envers ses ressortissants de la part des autorités algériennes.

« Les migrants maliens ne trouvent même pas d’eau à boire lorsqu’ils arrivent dans des villes algériennes après des dizaines de kilomètres de marche près de la frontière avec l’Algérie », affirme notre source.


>>> A LIRE – Mali : quand les refoulés d’Algérie se révoltent


Pour secourir ses ressortissants en terre algérienne, les autorités maliennes font souvent appel à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ou encore au Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

Depuis le début de l’année, 1 641 Maliens ont déjà quitté le territoire algérien pour revenir au Mali, la plupart étant des migrants qui souhaitaient rejoindre l’Europe, via l’Algérie. En mars dernier, une manifestation organisée par des jeunes Maliens refoulés d’Algérie avait dégénéré devant l’ambassade algérienne à Bamako. Les manifestants se plaignaient d’avoir été victimes de mauvais traitements après leur arrestation en Algérie.

Les relations entre les deux pays sont jusqu’ici plutôt stables. C’est d’ailleurs à l’Algérie que le Premier ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga, nommé en début d’année, a réservé sa première visite officielle.

(*) Cet article a été réactualisé suite aux démentis

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