Politique

Nigeria : Muhammadu Buhari candidat à sa succession en 2019, malgré la fronde politique

Muhammadu Buhari, en mai 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le président nigérian Muhammadu Buhari a mis fin au suspense. À un an du scrutin présidentiel du 16 février 2019, le chef de l’État a déclaré son intention d’obtenir l’investiture de l’APC, le parti au pouvoir, pour briguer un second mandat.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a annoncé ce lundi 9 avril son intention de solliciter l’investiture du All Progressives Congress (APC) en vue de se présenter pour un second mandat lors de l’élection présidentielle du 16 février 2019. C’est via le compte Twitter officiel de la présidence du Nigeria que l’annonce a été délivrée, mettant fin à plusieurs mois de spéculations sur la possible candidature de Buhari à sa propre succession.

Le chef de l’État a fait cette annonce lors d’une réunion du comité exécutif national de l’APC. « La victoire est assurée par la grâce de Dieu, et ensemble nous devons continuer à assainir l’environnement politique du Nigeria », a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence cité par l’AFP.

Santé, économie et sécurité

Muhammadu Buhari balaie ainsi les nombreuses critiques et interrogations sur sa capacité à gouverner. En 2016, le président nigérian aura passé plus de cinq mois à Londres, hospitalisé pour un mal qui n’a pas été dévoilé, alimentant les spéculations sur son état de santé. Cette longue absence du pays, dans un contexte sécuritaire et économique difficile pour le pays, fortement touché par la baisse des cours du pétrole – et qui n’est sorti que très timidement de la récession fin 2017 -, avait provoqué une série de manifestations réclamant son retour ou sa démission.

Vainqueur de la présidentielle le 28 mars 2015 face au sortant Goodluck Jonathan, Buhari avait fait de la lutte anti-corruption un des axes majeurs de son programme. Mais les Nigérians peinent à ressentir des résultats significatifs.


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Le récent enlèvement, fin février, de 110 jeunes filles à Dapchi a porté un nouveau coup dur au chef de l’État. Rappelant le kidnapping des lycéennes de Chibok, en 2014, il a souligné les failles du dispositif sécuritaire nigérian et la capacité de nuisance, toujours intacte, de Boko Haram. L’austère général à la retraite devenu président avait pourtant assuré à plusieurs reprises que le groupe djihadiste était « défait ».

Une fronde anti-Buhari

Dès le début de l’année, une fronde, menée par des poids lourds de la politique du pays, a ainsi été lancée, pour le pousser à ne pas briguer un second mandat. Dans une longue lettre ouverte, Olusegun Obasanjo, ancien président nigérian qui l’avait pourtant soutenu lors de la campagne de 2015, lui a demandé de « prendre sa retraite ».

Mi-février, le général Ibrahim Babangida, qui avait renversé Buhari en 1985, a appelé de son côté à l’union « pour sauver la nation du précipice », rejoint sur cet appel par plusieurs évêques.


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En trois ans de mandat, Buhari n’aura que très peu quitté Abuja pour se rendre dans le pays. Il aura fallu attendre fin mars pour qu’il fasse sa première visite officielle à Lagos. Populaire dans le nord du pays, il lui faudra convaincre les électeurs du sud, s’il veut pouvoir faire un second mandat.

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