Justice
L’épave de l’appareil du président Juvénal Habyarimana, tué dans un attentat le 6 avril 1994.

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Attentat du 6 avril 1994 : retour sur l’enquête de la discorde entre la France et le Rwanda

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Société

Attentat du 6 avril 1994 : le dossier qui alimente la brouille entre la France et le Rwanda

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Mis à jour le 13 octobre 2018 à 13:54

Vingt ans après son ouverture, l’information judiciaire sur l’attentat qui a servi de détonateur au génocide des Tutsis n’a toujours pas atteint son épilogue, ravivant à intervalles réguliers les tensions entre Paris et Kigali…

Jamais un attentat n’aura affiché un bilan aussi tragique. Officiellement, seulement douze personnes ont perdu la vie le 6 avril 1994, lorsque le Falcon 50 du président rwandais Juvénal Habyarimana a été abattu au-dessus de Kigali par deux missiles sol-air. Outre le chef de l’État rwandais et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, cinq dignitaires rwandais, deux officiels burundais et trois membres d’équipage français trouvèrent la mort dans cet attentat jusqu’ici non élucidé.

Mais la nuit même, comme s’ils répondaient à un signal préétabli, les extrémistes rwandais du Hutu Power déclenchèrent le génocide le plus fulgurant de l’Histoire, qui allait entraîner l’extermination de quelque 1 million de Rwandais – essentiellement tutsi – en à peine cent jours.

Pics de tension réguliers

Depuis, cet attentat fait l’objet d’une controverse historique régulièrement mise à profit par certains pour accréditer la thèse d’une possible responsabilité du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame dans ce crime, quitte à faire passer pour la principale responsable du génocide la rébellion qui y a mis un terme en juillet 1994. Depuis 20 ans, une information judiciaire ouverte à Paris par la justice antiterroriste provoque, à intervalles réguliers, des pics de tension entre Paris et Kigali.

De multiples éléments incitent pourtant à penser que l’attentat du 6 avril 1994 a été commandité par les auteurs du génocide eux-mêmes. Et que de nombreux témoins, pourtant issus des rangs du FPR, ont livré des récits frelatés devant les magistrats parisiens.

Alors que le Parquet de Paris vient de requérir un non-lieu dans le dossier, Jeune Afrique vous propose de relire ses principaux articles parus depuis 2013 sur cet attentat qui a fait basculer l’Histoire.