Justice

RDC : une information judiciaire ouverte contre Katumbi, son entourage dénonce une « réaction excessive »

L'opposant Moïse Katumbi lors du lancement de sa plateforme électorale "Ensemble pour le changement", le 12 mars 2018. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Cinq jours après les révélations de Jeune Afrique sur la détention de la nationalité italienne par Moïse Katumbi entre 2000 et 2017, le Parquet a ouvert mardi une information judiciaire contre l’opposant congolais. Dans le camp de ce dernier, on dénonce une « réaction excessive ».

Moïse Katumbi se retrouve de nouveau dans le collimateur de la justice congolaise. Inculpé en 2016 pour atteinte à la sûreté de l’État, avant d’être condamné la même année à trois ans de prison en première instance dans une affaire rocambolesque de spoliation, l’opposant congolais est cette fois soupçonné de s’être rendu coupable de « faux et usage de faux » en détenant concurremment les nationalités congolaise et italienne.

La législation congolaise en vigueur interdit en effet la double nationalité. Or la mairie de San Vito dei Normanni, dans le sud de l’Italie, a indiqué jeudi 22 mars à Jeune Afrique que l’ancien gouverneur du Katanga avait détenu la nationalité italienne entre octobre 2000 et janvier 2017. Période au cours de laquelle Moïse Katumbi s’est présenté aux élections provinciales et législatives en RDC, en se prévalant de sa nationalité congolaise d’origine.

Un « revirement dans la politique répressive » ?

Joint au téléphone, Delly Sesanga, fraîchement désigné secrétaire général de la plateforme électorale katumbiste « Ensemble pour le changement », dénonce une « réaction totalement excessive » du procureur général de la République. « Cela démontre une fois de plus que c’est une justice aux ordres, qui s’évertue à faire rentrer systématiquement Moïse Katumbi dans le spectre de l’action pénale », poursuit le député.

Il revient aux autorités d’assumer qu’elles veulent faire de Moïse Katumbi, congolais d’origine, un apatride

Dans le camp de Katumbi, on ne comprend pas davantage « ce revirement dans la politique répressive du procureur, qui n’a ouvert jusqu’ici aucune information judiciaire contre des personnalités qui, elles, ont acquis une nationalité étrangère et ont pourtant été récemment nommées Premier ministre ou ministres au sein du gouvernement ». Une allusion, notamment, à la polémique autour de la nationalité belge de Samy Badibanga, au lendemain de sa désignation comme chef du gouvernement congolais.

Quid de la nationalité de Moïse Katumbi aujourd’hui ? Détenteur d’un passeport congolais « semi-biométrique » expirant en 2021 mais qui n’a plus cours légal en RDC, l’opposant n’avait pu déposer, le 20 février, sa demande d’obtention d’un nouveau passeport biométrique à l’ambassade de la RDC à Bruxelles. « Il revient aux autorités d’assumer qu’elles veulent faire de Moïse Katumbi, congolais d’origine, un apatride » lance, comme un défi, Delly Sesanga.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte