Pétrole & Gaz

Affaire Samir : Cheikh Al Amoudi lance une procédure d’arbitrage international contre le Maroc

La raffinerie de la Samir, à Mohammédia. © Samir

L’homme d’affaires saoudien Mohammed Hussein Al Amoudi a déposé le 14 mars un recours devant le Cirdi contre le royaume du Maroc, lui reprochant des « obstacles » et un traitement « injuste » après son investissement dans la société de raffinage Samir.

Le Cheikh saoudien Mohammed Hussein Al Amoudi a déposé le 14 mars un recours contre le royaume du Maroc devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) – organisation internationale rattachée au Groupe Banque mondiale (Washington) – par le biais de la filiale marocaine Corral Morocco Holding AB de son groupe Corral Petroleum, basé en Suède.

Pour lancer cet arbitrage international contre le royaume chérifien, l’homme d’affaires saoudien et son cabinet d’avocat américain Gibson Dunn invoquent l’accord de promotion et de protection réciproque des investissements, signé en 1990 entre le Maroc et la Suède.

Liquidation du raffineur Samir

Mohammed Hussein Al Amoudi a acquis une participation majoritaire dans la Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage (Samir) en 1997. Très endettée, l’entreprise a été mise en liquidation en mars 2016.

Cheikh Al Amoudi reproche à l’État marocain « un traitement injuste » en ce qui concerne son investissement

Dans une lettre adressée en 2015 au chef du gouvernement de l’époque, Abdelilah Benkirane, Cheikh Al Amoudi reprochait à l’État marocain des « obstacles » et « un traitement injuste en ce qui concerne son investissement ».

« À titre d’exemple : la demande injustifiée de la part du gouvernement à la Samir de s’acquitter des dettes douanières, de la saisie des comptes bancaires et de l’immobilier de la Samir, ainsi que de l’interdiction aux navires pétroliers d’accoster au port d’Al Mohammedia pour approvisionner la raffinerie en pétrole brut. Des mesures qui ont poussé la Samir à suspendre ses activités dans son usine de raffinage », ajoutait-il dans ce document rendu public par le site Médias 24.

En détention depuis novembre 2017

Arrêté en novembre 2017 dans le cadre de la campagne anti-corruption lancée par les autorités saoudiennes, Mohammed Hussein Al Amoudi, né à Addis-Abeba d’une mère éthiopienne, était selon le magazine Forbes le milliardaire noir le plus riche du monde en 2012, à la tête de 13,5 milliards de dollars, et le premier employeur privé d’Éthiopie.

Selon le New York Times, il est toujours détenu dans un endroit inconnu de ses proches, sans que les charges ne soit rendues publiques. Il est en contact avec sa famille et affirme être bien traité.

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