Politique

Guerre de succession

L’inhumation du président Mwanawasa le 3 septembre va donner le coup d’envoi de la campagne électorale.

Par - Georges Dougueli
Mis à jour le 2 septembre 2008 à 12:33

Le 25 août, sur le tarmac de l’aéroport de Chipata, la capitale de la province Orientale, un incident se produit : Michael Sata, leader du Front patriotique (FP, opposition), est prié par la veuve du chef de l’État, Maureen Mwanawasa, de quitter les lieux. Loin de choquer la majorité, qui appelle pourtant à l’union nationale, le coup d’éclat est justifié par un communiqué : « Combien de fois faudra-t-il qu’il s’incline devant la dépouille du président ? » s’interroge le porte-parole du gouvernement, Mike Mulongoti. Dès le retour du corps le 23 août à Lusaka, l’ancien challengeur de Mwanawasa à la présidentielle de 2006 a fait une apparition remarquée au Centre international de conférences de Mulungushi, à Lusaka, où le corps du défunt était exposé. Cette assiduité a fait craindre que ce tribun populiste n’apparaisse à chaque étape de la tournée funéraire prévue dans les neuf capitales provinciales. Pour les proches du défunt, il n’y a pas de doute : l’ancien syndicaliste de 71 ans est déjà en campagne. Après le décès du chef de l’État, survenu le 19 août en France, et dans la perspective de la présidentielle qui doit se tenir au plus tard le 16 novembre, Sata veut prendre de l’avance. L’organe exécutif du parti au pouvoir ne se réunira qu’après l’inhumation, le 3 septembre, pour désigner son candidat. Qu’il doive affronter le vice-président, Rupiah Banda, qui ne s’est pas encore prononcé, ou Benny Tetamashimba, le ministre de l’Administration locale, Sata veut être prêt. Quitte à politiser les obsèques de son ancien rival.
Aiguillonné par un désir de revanche, Sata n’a pas pardonné à son mentor, l’ancien président Frederick Chiluba, d’avoir fait de son rival Mwanawasa son dauphin quand il a fallu passer la main en 2001. Déçu, il avait alors claqué la porte du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) pour créer son propre parti. Actuellement suspecté d’être impliqué dans une affaire de faux passeport, il pourrait être arrêté dans les prochains jours. Ses partisans l’accepteront-ils sans crier au complot politique ?