Économie

Cameroun : la menace de Boko Haram inquiète Standard & Poor’s

Mis à jour le 3 novembre 2014 à 18:09

Standard & Poor’s s’attend à une détérioration des déficits jumeaux (budgétaire et extérieur) du Cameroun, mais s’inquiète davantage de la gestion de la menace posée par Boko Haram dans le nord du pays.

Les notes du Cameroun se succèdent et restent les mêmes. La dernière n’a pas dérogé à la tradition. Standard & Poor’s a maintenu le 31 octobre sa note à « B » pour ses émissions à long terme et à court terme en monnaie locale et en devises étrangères. Ses perspectives demeurent stables, même si les indicateurs de gouvernance et les déficits jumeaux (budgétaire et extérieur) continuent de se détériorer.

La menace de Boko Haram

Outre le traditionnel risque politique découlant de l’incertitude entourant la succession de Paul Biya, S&P minimise l’impact de la crise centrafricaine sur la sécurité du Cameroun pour insister sur la menace de Boko Haram sur la partie septentrionale du pays et sur sa gestion par les autorités locales.

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« Le gouvernement a envoyé des troupes pour combattre [cette menace]. Toutefois, certaines tensions existent actuellement au sein des forces de sécurité camerounaises, en raison principalement de la politique de rémunération et les politiques de congé », observe l’agence qui estime que cette situation pourrait nuire à l’efficacité de la lutte contre la secte islamiste.

Croissance stable

L’agence s’attend à une croissance économique annuelle de l’ordre de 5,6-5,7 % au cours des trois prochaines années. Une dynamique essentiellement portée par la hausse de la production d’or noir, l’amélioration de la production électrique, une production agricole soutenue et la bonne tenue de la demande basée sur les investissements dans les infrastructures.

En dépit de la décision gouvernementale de relever en juillet le prix du carburant à la pompe pour alléger la subvention, mesure du reste compensée par une hausse des salaires dans la fonction publique et des allègements fiscaux, le déficit budgétaire est estimé à 4,9 %, en hausse d’un point par rapport aux prévisions faites par S&P en mars dernier.

Le compte courant sera quant à lui déficitaire de 3,8 % en moyenne entre 2014 et 2017 en raison des coûts d’exploration et de récupération dans les hydrocarbures.