Droits de l’homme

Maroc : face à la contestation sociale à Jerada, le ministère de l’Intérieur hausse le ton

Sit-in des habitants de Jérada le 3 février 2018 demandant une politique de développement économique et de désenclavement de leur région. © AP/SIPA

Les autorités marocaines veulent circonscrire le mouvement qui agite la ville minière de Jerada, dans le nord-est. Entamées en décembre, les manifestations ont repris après une brève accalmie. Face aux promesses du gouvernement, les manifestants réclament « des réponses concrètes ».

Le ministère de l’Intérieur a lancé, mardi 13 mars, un avertissement aux manifestants de Jerada, ville minière du nord-est du Maroc agitée par un mouvement de protestation depuis fin décembre. Les autorités marocaines se disent prêtes à « des réponses fermes face aux agissements et comportements irresponsables ». 

« Le ministère de l’Intérieur (…) souligne son droit d’appliquer la loi dans la ville de Jerada, par l’interdiction des manifestations illégales sur la voie publique et par des réponses fermes face aux agissements et comportements irresponsables », annonce le communiqué du ministère. 

En attente de « réponses concrètes »

Fin décembre, la mort accidentelle de deux mineurs dans un puits d’extraction de charbon a plongé la ville dans la contestation. Jerada abrite une ancienne mine qui a été fermée en 1999, mais l’extraction de charbon a continué de façon clandestine, bénéficiant à des notables locaux qui se sont enrichis sur le dos de mineurs, forcés pour survivre de descendre dans ces « mines de la mort » dans des conditions de sécurité et de travail indignes. 


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L’annonce d’un plan d’action économique, proposé par le gouvernement, avait permis une accalmie. Mais fin février, des manifestants sont redescendus dans la rue pour demander des « réponses concrètes ».

Dans son communiqué, le ministère de l’Intérieur met en garde ces manifestants. Saluant « les efforts déployés par le gouvernement », le communiqué dénonce « certaines parties [qui] s’obstinent à décrédibiliser ces efforts », en « incitant la population de manière continue à manifester ».

Arrestations lourdes de conséquences

Le week-end dernier, deux jeunes du Hirak de Jérada ont été arrêtés, ce qui a déclenché une nouvelle vague de colère dans la ville, suivie par une grève générale, une marche et de grandes manifestations pour demander leur libération.

Les autorités affirment pour leur part que ces arrestations n’ont rien à voir avec le mouvement social mais sont liées, pour trois des cas, à un accident « en état d’ébriété » avec délit de fuite, et pour le dernier à une « violation d’établissement public » avec dégâts matériels.

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