Vie des partis

Côte d’Ivoire : le RHDP en position de force pour les sénatoriales

Jeannot Ahoussou Kouadio et Alassane Ouattara, en mars 2012 à Abidjan. © D.R.

On en sait plus sur les candidats aux élections sénatoriales du 24 mars prochain en Côte d’Ivoire. Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle) part largement favori, dans un scrutin boycotté par l’opposition.

Les soixante-six candidats de la coalition au pouvoir auront face à eux quarante-huit candidats indépendants, parrainés pour certains par Evariste Méambly, une personnalité clivante de la scène politique ivoirienne. Membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié), il avait viré dans le camp des jeunes patriotes, sous Laurent Gbagbo, avant de se présenter en candidat indépendant aux législatives de 2016 et de former un groupe parlementaire d’indépendants qu’il préside. Certains analystes soupçonnent Méambly d’avoir parrainé ces listes d’indépendants uniquement pour donner un vernis démocratique à ce scrutin boycotté par l’opposition. De fait, le corps électoral, composé des grands électeurs (députés, maires, conseillers régionaux et municipaux) est à plus de 90% contrôlé par le RHDP.

Le Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) présidé par Pascal Affi N’Guessan, a de son côté dénoncé son exclusion de fait de ces « élections sénatoriales par le régime Ouattara », indiquant qu’elles ont été convoquées en « violation de la Constitution ». Lundi, Affi a révélé avoir introduit une procédure en référé auprès de la Cour suprême, « afin qu`elle prenne une décision pour empêcher la tenue des sénatoriales », s’attaquant au passage à une Commission électorale indépendante « illégale » depuis la fin du mandat de son président Youssouf Bakayoko, en février 2016.

Partage du gâteau

Les futurs sénateurs, sauf miracle, devraient donc être les candidats présentés par la coalition au pouvoir. Bien que traversant une crise née d’incompréhensions entre Henri Konan Bédié et le président Alassane Ouattara, dont le pic a été observé le week-end dernier à travers des piques assassines, le RHDP est parvenu à s’accorder sur le « partage du gâteau » du Sénat, le premier de la Côte d’Ivoire indépendante.

Après maintes tractations, alors que le PDCI contrôle dix des treize conseils municipaux du district d’Abidjan, le parti de Bédié a dû céder un poste au RDR

Seul membre du gouvernement à être candidat, Jeannot Ahoussou-Kouadio, 67 ans, devrait, sauf cataclysme politique, prendre la présidence du Sénat. Ancien Premier ministre (mars à novembre 2012), vice-président du PDCI, le ministre d’État auprès du président de la République, chargé du Dialogue politique et des Relations avec les institutions, se présente dans la région du Bélier (centre) où il est le président du conseil régional. Le PDCI a dû céder en retour des postes dans ses fiefs traditionnels, telles les régions du Bélier, de l’Indénié-Djuablin (Est) et du Haut-Sassandra (sud-ouest). Seule concession du RDR, la candidature de Augustin Silué Kagnon, ancien vice-président (PDCI) de l’Assemblée nationale, colistier d’un cadre du RDR, dans la région du Poro (Nord), d’où est originaire le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Après maintes tractations, alors que le PDCI contrôle dix des treize conseils municipaux du district d’Abidjan, le parti de Bédié a dû céder un poste au RDR.

Une petite dizaine de femmes sur les listes

Sur les soixante-six candidats, le Rassemblement des républicains (RDR) en compte trente-sept, contre vingt-sept pour le PDCI et deux pour l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI d’Albert Toikeusse Mabri). Les deux autres membres du RHDP, à savoir le Mouvement des forces d’avenir (MFA d’Azoumana Moutayé) et l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI de Brahima Soro) ne comptent aucun sénateur. Peut-être faudra-t-il attendre la liste des trente-trois sénateurs que devra nommer Ouattara, à l’issue du scrutin.

Plusieurs maires (Chantal Fanny du RDR, ex-proche de Guillaume Soro, et Amoikon Kouakou Banga du PDCI, proche d’Henriette Konan Bédié) ou anciens maires, ainsi que d’anciens ministres comme Émilienne Bobi-Assa (PDCI) et Clément Bouéka Nabo (RDR) sont candidats. Onze femmes seulement ont été présentées sur les listes, dont seulement neuf pour le RHDP. Aucun jeune de 35 ans (âge minimum requis) n’est parrainé par un parti politique, les listes étant conduites, pour la plupart, par des vétérans de la politique ivoirienne.

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